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L'AMNESIE DE TRUMP

Le 31/03/2026

  « Vous allez devoir apprendre à vous battre tout seuls, les USA ne seront plus là pour vous aider, tout comme vous n'avez pas été là pour nous. »

Ces mots, jetés à la face de l'histoire par Donald Trump à l'aube du deux-cent-cinquantième anniversaire des États-Unis, résonnent comme un déni brutal de la genèse même de la bannière étoilée.

Prétendre que la France fut absente aux heures sombres de la naissance américaine n'est pas seulement une provocation politique, c'est une amnésie qui insulte la terre de Yorktown, encore imprégnée du sang des régiments de Bourbonnais et de Soissonnais.

On ne saurait oublier que sans l'audace de La Fayette, la ténacité de Rochambeau et l'intervention décisive de la flotte du comte de Grasse, le rêve de George Washington se serait sans doute fracassé contre la puissance de la Couronne britannique. La France ne s'est pas contentée d'observer ; elle fut le premier allié, celui qui offrit sa reconnaissance diplomatique et ses coffres, quitte à précipiter sa propre banqueroute et sa révolution intérieure pour financer la liberté d'autrui.

Cette vision transactionnelle du monde, qui réduit une alliance séculaire à un contrat résiliable au gré des humeurs d'un matin, balaye d'un revers de main le traité d'amitié perpétuelle signé en 1778. En transformant le jubilé de 2026 en une célébration de l'isolement plutôt qu'en un hommage à la fraternité des peuples, le discours actuel défigure l'héritage des insurgés.

Les archives et les monuments ne mentent pourtant pas : la Statue de la Liberté, qui veille sur le port de New York, demeure le rappel silencieux mais colossal qu'aux racines de la démocratie américaine, il y eut une main française tendue au milieu de la tempête.

Faut-il rappeler aussi que les USA ont bien traîné les pieds avant d'entrer en guerre en 1942 tandis que ses firmes privées continuaient de commercer avec la machine de guerre nazie. Il a fallu Pearl-Harbourg ! Et tandis que les Russes repoussaient enfin les Allemands et fondaient sur Berlin, des milliers d'Américains sont morts en terre normande. Mais le sacrifice aussi des milliers de soldats français tombés pour une terre qu'ils ne connaissaient pas non plus mérite une autre reconnaissance que ce congé cinglant, car la mémoire des peuples possède une profondeur que l'écume des réseaux sociaux ne saurait atteindre.

La dictature des algorithmes

Le 16/12/2025

La régulation de l'espace numérique, gérée par les plateformes sociales, repose de plus en plus sur des algorithmes de modération. Ces systèmes informatiques, conçus pour identifier et filtrer les contenus jugés dangereux, illégaux ou allant à l'encontre des conditions d'utilisation, s'exercent par un balayage massif et rapide de milliards de publications.

Au nom du père, de la mère et du conjoint !

Le 08/12/2025

J'ai reçu ce matin d'une personne pourtant rompue à la législation une lettre ainsi adressée : Madame et Monsieur Jean Dupont (nom d'emprunt et très emprunté, vous me pardonnerez mon manque d'originalité).

Ceci est à la fois archaïque et factuellement inexact. L'épouse de Monsieur Dupont n'est pas "Madame Jean Dupont" car le mariage n'a jamais eu d'effet sur le nom légal (nom de famille) en France. Son nom légal demeure son nom de naissance (par exemple, Durand). L'époux a lui aussi pour seul nom légal Dupont. Le nom légal est le seul inscrit sur l'état civil. Le couple étant destinataire, la mention correcte aurait dû être : "Madame Durand, Monsieur Dupont" ou, dans un usage simplifié, "Madame, Monsieur Dupont" si l'épouse utilise le nom de son mari comme nom d'usage.

Le mariage ouvre cependant le droit à chacun des époux d'utiliser le nom de l'autre comme nom d'usage, un droit personnel et facultatif qui est réciproque (régi par l'Article 225-1 du Code civil). Ce nom d'usage permet diverses combinaisons sans aucune démarche administrative préalable. Madame Dupont peut choisir d'utiliser seulement son nom de naissance (Durand), seulement le nom de son époux (Dupont), ou les deux noms accolés dans l'ordre de son choix (Durand-Dupont ou Dupont-Durand). Monsieur Dupont possède exactement les mêmes options.

De plus, en vertu de l'Article 311-21-1 du Code civil, toute personne majeure (y compris Madame Dupont) a le droit d'utiliser, à titre d'usage, le nom du parent qui ne lui a pas transmis son propre nom de famille à la naissance (par exemple, le nom de sa mère, Martin). Madame Dupont pourrait donc aussi adopter pour nom d'usage Durand-Martin.

Ce droit d'usage est acquis par le simple fait du mariage ou de la filiation et ne nécessite aucune formalité ou validation auprès de l'état civil. Surtout, la décision de prendre un nom d'usage n'est jamais définitive ; l'usage est révocable, modifiable, et alternatif. On peut décider de l'utiliser ou non, et en changer la composition à tout moment (passer de Durand-Dupont à Dupont par exemple).

Pour les actes officiels comme l'acte de naissance, le livret de famille ou le contrat de mariage, seul le nom légal (Durand pour Madame, Dupont pour Monsieur) doit être utilisé. En revanche, pour les documents courants et l'identité sociale (carte Vitale, courrier, banque), le nom d'usage peut être utilisé. Pour que ce nom d'usage figure sur les documents d'identité (carte nationale d'identité, passeport), il suffit d'en faire la demande lors du renouvellement des titres, fournissant le livret de famille ou l'acte de naissance comme preuve du droit d'usage.

Tel un clin d'œil à ces multiples identités, on pourrait citer le cas d'un journaliste qui renouvelle sa carte de presse en indiquant pour nom d'usage Jean Dupont-Martin (nom légal et nom de sa mère, reflétant son identité de filiation et peut-être son activité normative) et pour pseudonyme Jean Dupont-Durand (nom légal et nom de son épouse, correspondant à son identité de terrain ou locale). Cela illustre la parfaite compatibilité légale entre l'usage d'un nom lié à la filiation et l'usage d'un pseudonyme lié au mariage pour différencier les activités.

Le fait que cette lettre reçue persiste à substituer le nom du mari à celui de la femme rappelle qu'il y a un peu plus d'un siècle, l'usage courant voulait que la femme mariée perde son nom de jeune fille. Pourtant, historiquement, jusqu'au Code civil de 1804, la femme conservait son nom de naissance ; ce n'est qu'au XIXe siècle, dans la pratique sociale et administrative, qu'est apparue la substitution du nom du mari au nom légal de l'épouse. Cette tradition a perduré, bien que non fondée en droit. Le nom, d'ailleurs, a toujours été fluide dans certaines régions, notamment là où des patronymes identiques sont très courants (comme les Boutard à Jumièges ou les Deconihout), rendant l'usage de surnoms (dit Pitou, dit Boisselier) indispensable pour distinguer les individus dans la vie quotidienne.

Aujourd'hui, l'assouplissement de la loi sur le nom d'usage offre à nos concitoyens une liberté de se nommer en accord avec leur ressenti. C'est une réponse légale à la quête d'identité que peuvent éprouver certains de nos contemporains, leur permettant d'intégrer dans leur appellation usuelle une reconnaissance de leur filiation, de leur mariage, ou de leur histoire personnelle, loin des rigidités archaïques.

Mon drapeau breton

Le 05/12/2025

Ce doit être parce que, timonier dans la Marine, j’ai longtemps hissé toutes sortes de pavillons. Alpha, Bravo, Charlie, Delta… Mais c'est surtout  à cause de  mon aversion grandissante pour la pitoyable comédie humaine qui se joue dans la capitale d’un État jacobin. Alors, j'ai établi le calendrier des fêtes de tous ces pays minorisés qui nous entourent, vous s'avez, ces nations sans Etat invitées depuis sa création par le festival de Douarnenez.

Cela fait, j'ai constitué une belle collection de drapeaux tous aussi colorés les uns que les autres. Celui de la Catalogne, du Pays de Galles, de l'Irlande, je veux parler de celle du Nord qui n'attend pluis que sa réunification..Si bien que, régulièrement, le jour J, j''en expose un à ma fenêtre au grand étonement des passants. Mais aussi de mes voisins qui me remercient chaleureusement pour mes cours bénévoles de géographie.  Le dernier en date, pour la Saint-André, c’était celui de l’Écosse.

Maintenant comme il n'y a plus rien de prévu d'ici la fin de l'année, j’ai eu l’idée lumineuse, pour les fêtes de Noël, de décorer ma maison de trois drapeaux bretons. Le Gwen ha Du, je l’avais déjà. La Kroaz Du aussi. Me manquait seulement le pavillon moucheté de l’amirauté de Bretagne. Je l’ai donc commandé sur le Net avec d'autant plus de plaisir que l'entreprise la mieux-disante était des Côtes-d'Armor..

Mondial Relay, un nom qui, je crois, nous vient du grand breton, m’ayant averti de son arrivée dans la capitale de Cornouaille, j'ai bravé la pluie pour le récupérer. Dans la boutique, sise près du local de campagne de la maire de Quimper, tout le mond parlait arabe avec le même bonheur. Et c'est  sur un joyeux “Kenavo” que j'ai salué mon monde avant de rentrer chez moi, mon paquet sous le bras. Et là, surprise : ce drapeau garanti comme celui de la Marine bretonne est fabriqué en République populaire de Chine. Et moi qui le pensait des Côtes-d(Armor ! Mais, prime de consolation, il est importé par une société judicieusement baptisée "Breizh Creations" et installée… dans le 44. ! Voilà qui a fait ma journée . La Loire-Atlantique est  donc bel et bien en Bretagne !

Le régionalisme progresse

Le 07/11/2025

À l’occasion du congrès de Régions de France, l’Ifop pour La Tribune Dimanche et CCI France a mené une enquête sur la façon dont les Français voient leur région.

Huit Français sur dix (80%) disent être attachés à leur région. Cet attachement est même majoritaire dans toutes les régions françaises.

Attachement Régional : le classement complet

Voici le classement des régions ayant le plus fort taux d'attachement (parmi les régions testées) :

Bretagne 93 %

Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) 91 %

Auvergne-Rhône-Alpes 88 %

Normandie 85 %

Pays de la Loire 85 %

Occitanie 84 %

Hauts-de-France 83 %

Grand Est 82,00%

Nouvelle-Aquitaine 80 %

Bourgogne-Franche-Comté 78 %

Centre-Val de Loire 74 %

Île-de-France 70 %

Collectivité territoriale, la Corse n'est pas concernée par cette enquête, quant au Pays basque il est noyé dans la Nouvelle-Aquitaine qui atteint cependant les 80%.

Diagnostic Économique et Satisfaction

Cet attachement s’accompagne d’un diagnostic plutôt optimiste de la situation économique et l’avis sur l’action des présidents de région va dans le même sens.

Mention notable : la Bretagne se distingue particulièrement avec 85% de ses habitants qui estiment que la situation économique locale est en expansion (chiffre qui était omis du texte initial).

Écarts Territoriaux (Province vs Île-de-France)

Les écarts territoriaux confirment la logique de proximité : en province, les indicateurs se révèlent plus élevés qu’en Île-de-France :

Attachement : 82 % contre 70 %

Perception d’expansion économique : 61 % contre 55 %

Satisfaction de l’action du président de région : 61 % contre 50 %

Ce que ne dit pas l'Ifop, c'est que la confiance dans le pouvoir central, les instances parisiennes, perd du terrain (cette défiance est une tendance de fond en France) tandis que l'appétence pour un pouvoir régional plus fort augmente cnnstamment sans toutefois tendre encore vers le système de fonctionnement de tous nos voisins européens : Grande-Bretagne, Allemagne, Italie, Espagne. Mais les lignes bougent.

 

Les Bretons inventent un avenir qui leur ressemble !

Le 04/10/2025

Dans Ouest-France, Yann Lukas, alias Jean-Luc Lelibou, affirme la chose suivante « Les Bretons ne connaissent ni leur langue, ni leur histoire, ni leur géographie. Qu’est-ce qu’il leur reste de breton ? Un nom de famille ? Les Bretons sont en train de devenir des Français comme les autres. Il y a une uniformisation liée à l’absence de culture »,

Dans son ouvrage Psychanalyse de la Bretagne, le journaliste retraité d'Ouest-France analyse les blessures identitaires d’un peuple en voie de dilution : disparition de la langue, séparation de la Loire-Atlantique, invasion touristique, stéréotypes anciens ou condescendance moderne. Il constate que la Bretagne, jadis méprisée, est désormais « à la mode », mais craint qu’un excès de tourisme et l’oubli de la langue n’effacent son identité. Pour lui, la langue reste le socle de la culture et des particularismes, même réduits à quelques mots quotidiens.

Lukas dénonce aussi le centralisme français, qui, selon lui, a affaibli la Bretagne en amputant son territoire et en marginalisant ses spécificités. Si les Bretons demeurent perçus comme un peuple à l’extérieur, leur identité s’érode chez eux. L’essayiste appelle à une réaction politique, inspirée par l’exemple écossais, pour éviter que la « liquidation » culturelle et identitaire ne s’achève.

On serait tenté de lui répondre la chose suivante :

« Les Bretons ne connaissent ni leur langue, ni leur histoire, ni leur géographie. »
 C’est une vision exagérée et dévalorisante. Des milliers de personnes apprennent et transmettent aujourd’hui le breton, notamment grâce aux écoles Diwan, aux filières bilingues et aux cours pour adultes. Jamais depuis la guerre la langue n’a eu autant de jeunes locuteurs. Certes, elle a reculé, mais parler de disparition inévitable, c’est nier les efforts et les dynamiques actuelles.

« Les Bretons sont en train de devenir des Français comme les autres. »
 Non. L’identité bretonne est multiple et vivante. On peut être à la fois profondément breton et pleinement français ou européen. La culture bretonne ne se limite pas à la langue : elle s’exprime dans la musique (le fest-noz inscrit au patrimoine immatériel de l’UNESCO), la danse, la littérature contemporaine, la gastronomie, les luttes écologiques locales… Ces marqueurs ne disparaissent pas, ils se réinventent.

« La Bretagne est malade de son succès et menacée par le tourisme. »
Le tourisme pose des problèmes, certes, mais il apporte aussi des moyens de valoriser notre patrimoine et d’encourager la transmission. Les festivals comme les Vieilles Charrues ou le Festival interceltique de Lorient sont à la fois très populaires et profondément ancrés dans l’identité bretonne. Le risque n’est pas la dilution mais de savoir accompagner ce succès par des politiques culturelles fortes.

« La Loire-Atlantique est comme un bras amputé. »
 L’image est parlante, mais trop dramatique. En réalité, les mobilisations pour la réunification témoignent d’une identité bien vivante et d’une conscience historique partagée. Le débat est ouvert et vivant dans la société civile, ce qui est une preuve de vitalité culturelle et politique.

« La liquidation est en marche. »
 C’est une formule désespérante et injuste. Si vraiment la liquidation était en marche, comment expliquer l’explosion des noms de lieux restaurés en breton, le dynamisme des associations culturelles, le regain d’intérêt des jeunes générations pour leurs racines ? L’histoire de la Bretagne est faite de résistances, de réinventions. Aujourd’hui encore, il y a des signes forts d’un renouveau, pas d’une disparition.

Lelibou met surtout en avant une vision pessimiste et nostalgique, en projetant une disparition programmée. Un militant culturel breton répondrait que la culture bretonne n’est pas morte, elle change de formes. La langue connaît certes un déclin historique, mais elle retrouve un élan grâce à de nouveaux locuteurs. L’identité, elle, est plurielle, ouverte, et s’enrichit de nouvelles pratiques, sans se réduire à un folklore ni à un simple nom de famille.

La seule chose que l'on peut partager avec lui : quand la France jacobine  semble se déliter et que ses élites nationales n’intéressent plus personne sur les plateaux de télé parisiens, le renforcement d’un pouvoir régional, à l’image de nos voisins européens, ne  peut être que salutaire pour rapprocher les citoyens duu pouvoir de décision et en rééquilibrant les frustrations suscitées par un centralisme défaillant.

Et vous, qu'en pensez-vous ?