Les origines de la famille Gardic

 

Hall Vretoned tud gentil

Tous les Bretons sont nobles

 

La jolie jeune fille aux traits si fins et au sourire moqueur qui fait, en 1941, son entrée à Kerhoant ne sait rien de ses origines. Ses racines plongent pour la plupart à Plouescat. Par sa mère, Louise descend notamment des Le Duff, véritable dynastie locale mais aussi de quelques familles de la petite noblesse notoirement impécunieuse de Plouescat: les Le Dot, Lezeleuc, Quillévéré, Pezron... Deux dictons moquent cette noblesse campagnarde. «Goustadic d'ar garc'hen, guelloc'hic ar zouben.» Doucement sur la tourte, mieux vaut la soupe. «Heval oc'h aotrouienn tu-gentil Plouescat rank chom en hô gwele pa freka ho dillat...» Comme messieurs les gentilshommes de Plouescat qui doivent rester au lit quand on répare leurs vêtements. Ces ancêtres, nobles comme roturiers, eurent leurs chapellenies. C'est le cas des Guerer, Guiader, Le Duff. Nombre d'entre eux jouèrent un rôle politique. Ainsi, en 1750, siègent ensemble, Jean et Vincent Rosec, deux Jean Le Duff de Ty-Gwen et Kernéach, Yves Séité de Gorréploué. De même Paul Inizan et Jean Goarant écrivirent-ils de concert à l'amirauté au sujet du goémon.1

La galerie des ancêtres de Louise Gardic.

 

Les Le Borgne

 

Ancêtre de Louise, Laurent Le Borgne fut avec Jean Rosec, fabrique et gouverneur de l'église de Plouescat. Le 23 janvier 1718, au prône de la grand-messe, il demande au général et aux délibérants de la paroisse de déterminer «si on coupera le goémon à la chandeleur ou non.» Dans la sacristie, autour de Jacques Marchic, prêtre et du sénéchal Jouhan, il fut décidé «que l'on ne coupe pour l'année présente aucun goémon, veu que les vents et marées en ont suffisamment jetté à bordsinon le lendemain de la feste de Saint-Marc et l'on finira la ditte coupe à la Saint Jean...».

Depuis un an, Laurent Le Borgne est l'époux de Louise Rosec.

En 1685, un Tanguy Le Borgne est l'époux d'Anne du Tertre. En 1726, une Claudine Le Borgne vit avec Hervé de Castillon, elle hérite de Marie Fontenay, dame de Kergouan. 1762: une Catherine Le Borgne est localisée à Tréongar et un Augustin Le Borgne à Kervern. En 1781, Marie Jacques Le Borgne vit avec Yves Louis Geffroy, sieur de Villeroche et Marie Jeanne avec Joseph Fraboulet, sieur de Villeroche.

 

Les Le Dot

 

L'ancêtre qui nous préoccupe, Marguerite Le Dot, dite encore Jeanne, épouse de François Bernard, vient jusqu'à nous par les Riou, de nouveau les Bernard, les Le Saint et Angèle Quéré, l'épouse de Jean-Marie Gardic. Cette Le Dot est d'une famille blasonnant «d'or à trois mâcles d'azur en pal l'une l'autre, accompagnée de deux vergettes vivrées de gueule.»

En 1610, Marguerite Dot se signale par une fondation en l'église de Plouescat. Marguerite fit aveu en 1623 pour un acquet d'avec René du Chastel.

Veuve de François Bernard, elle eut plusieurs enfants parmi les 246 victimes de la peste, à Cléder, en 1626. Sa fille, Marguerite Bernard, prénommée comme sa mère «tomba malade de peste le 30 septembre, enfanta un fils le jour suivant, mourut le lundy prochain du suivant environ une heure ou deux de nuit le mardy, fust solennellement enterrée sans autre suspicion de peste en une tombe du chœur de Cléder près de la chapelle St-Chritosphe.» Marguerite Bernard, étant venue enterrer ses défunts fille, fils et enfants après de la peste fut atteinte du même mal, se retira à Roscoff où elle décéda le 27 octobre.»

On signale un Yvon Bernard, fils de Marguerite et François en 1630 et 1659, Une Thépaute, en 1648, mariée à Jacques Riou, un Guillaume, mort en 1630, époux de Marie Jamet.

Marguerite Le Dot était fille de Marguerite Rouel et d'Alain Le Dot, fils de Jeanne Riou. En 1614, quatre ans après Marguerite, il effectue une fondation en l'église de Plouescat. Elle a pour frère:

- Tanguy Dot, époux de Jeanne an Castell. Leurs enfants? 1582: Mence, parrains, Hamon et Françoise Kerliviry. 1583: Alain, parrains Jean Kersauzon et Amice Corroler.1585: Françoise, parrains: Françoise Kersauzon et Françoise Péan. Elle épousa François Thomas, sieur de Kerincuff sans doute.. 1587: Alain, parrains: François an Castell et Françoise Carn. 1591: Marguerite, parrains: Hervé Kersauzon et Marguerite Dot. Autre Tanguy.

- Autre Tanguy Dot, époux de Jeanne Priser, rend un aveu en 1627 pour une maison, An Ty Coz, située près de Croassiou an Roux. Ils eurent Jean Le Dot pour fils. Un Tanguy est également parrain chez les Prigent et les Berrou en 1614, les Reugat en 1615... La peste, en 1627, emporta les Joachim Quiviger, mais aussi «Tanguy Le Dot, sa femme et sa chambrière».En 1598, elle avait fait 510 victimes. Elle est revenue en 1626 par la femme d'un cordonnier de Lochrist venu vendre du lin à Plouescat. 320 morts.

- Françoise Dot, épouse en 1611 de Thomas de Kerincuff. Leur fille Catherine a pour parrains François du Chastel, de Lanuryen, «aïeul» et Catherine Dot.

- Francis Dot, parrain chez An Men en 1615.

Puis un François Dot, allié à Anne Kerguvelen, dame de Languien, donnera Pierre, le 7 mars 1633, parrains Pierre du Chastel, d'Enez an Gall et Anne Kerscao, de Gorreker.

En 1644, l'honorable femme Constance Amy, veuve de Me Alain Le Dot, sieur de Kergouarat, vit dans une maison du bourg «avec son écurye couverte d'ardoises construite depuis quarante ans».

Naquit en 1663 Jeanne Renée qui sera tour à tour épouse de Didier Guymar, sieur de Coatidreux puis Me Michel Masson, avocat au parlement. En 1669, François Dot est avocat à la cour du parlement.

En 1669, François Le Dot est avocat à la cour.

On retrouve Marguerite Le Dot, dame de Kervouara, marraine de Marie Marchic, en 1684, fille de Jacques Marchic, marchand de vin et Anne Le Roux. Marguerite Le Dot, dame de Goarilec dépose son testament en 1688 à l'église de Plouescat.

François y épouse Marguerite de Kersauzon le 13 janvier 1698. Le 19 novembre 1700, leur fille, Jeanne-René, a pour parrains Jean-François de Kerscau et Jeanne-Renée Le Dot, épouse de Me Guymar, sieur de Coatidreux, notaire royal et procureur de la juridiction de Kérouzéré-Trongoff.

Le 13 avril 1702, l'époux de Marie Le Dot, Me Didier Toullec, greffier, se noya. Dite Demoiselle de Pratudal, elle se remaria avec dispense le 20 janvier 1704 à Me Tanguy Pen, greffier de le juridiction de Kerouzéré, fils de Me Pen et Jeanne Le Hir, sieur et dame de la Villeneuve. Les deux époux étaient parents aux troisième degré et ils durent supplier l'évêque, en 1704, pour pouvoir se marrier. Marie sera aussi la marraine de Jean Le Dot, le 27 janvier 1705, en compagnie de Jean de Kersauzon.

Jean Le Dot est le fils de François et Marguerite de Kersauzon. Lui vient une sœur, Jeanne Françoise, baptisée le 23 septembre 1711. Une autre sœur, Constance Le Dot est épouse de Didier de Léséleuc.

Le 12 mai 1713, on enterre Jeanne-Renée Le Dot, 50 ans, veuve de Me Guymar puis de Me Michel Masson, avocat au parlement, mort lui aussi par noyade le 8 juin 1710. Assistent à la cérémonie Denis Guymar, son fils, le sieur de Kerhellon son gendre et le sieur du Penquer, son beau-frère.

La chapellenie des Dot est un temps sur «présentation de M. du Rest, représentant les messieurs Dot, chargée de deux messes aux mercredis et vendredis, possédée par Guillaume Puiferré, diacre à Lesneven.»

 

Les Le Duff

 

Les Le Duff sont une grande et vieille famille de Plouescat. Aux heures de la Révolution, ils sont de loin les plus nombreux à Plouescat, 50 adultes répartis dans 33 foyers essentiellement répartis dans le nord de la localité entre Crignou, Convenant, La Croix, Saint-Edern, Kernéach, Kerveuleuc, Mesguen...

En l'église de Ploezcat, François Le Duff fonda une chapellenie en 1385. Le prêtre qui en est titulaire en 1749 la décrit ainsi dans son aveu du 26 mars: «Au terroir de Mentafrez, une maison couverte de gleds avec la moitié d'une autre maison y joignant, la moitié de laire et puy, l'autre moitié à François Le Duff et autres héritages possédés par Guillaume Guénégan et Françoise Cadiou, droit de cheffrentes avec les héritages mentionnés en l'art. 36: trois boisseaux de froment, mesure de Saint-Paul et six sous deniers monnaye et deux tiers boisseaux de froement, mesure raze de Maillé. Aveux des 26 mars 1729. Coté 1548, fournis par messire François Mesguen, titulaire de la chapellenie fondée par François Le Duff le 11 mars 1385...»

La noblesse locale s'allie volontiers avec les Le Duff Jacques de Kersauzon, écuyer, est l'époux d'une Françoise Le Duff en 1681. Elle a pour oncle Jean Cadiou, prêtre. Son père est Guy. Elle est liée à Vincent Le Duff, époux de Catherine Cadiou, elle-même fille de Laurent Cadiou, Penarprat.

 

 

-I- Yves An Du, marié vers 1570 à Anne Roseuc. Cette dernière est d'une famille aisée qui donnera plus tard quelques notaires royaux et surtout trois maires à Plouescat.

 

-II- Jean le Duff et Anne Sparfel et Vincent Le Duff (voir II bis plus loin).

 

-III- Yvon Le Duff et Amice Le Rochou.

 

-IV- Yvon Le Duff et Catherine Cadiou.

 

-V- - Jean Le Duff2, orphelin à 3 ans est né le 24 mai 1643. Mort le 1er août 1716, il avait épousé Françoise Rosec, autre représentante de la famille du même nom. Elle même était fille d'Yves, fils de Goulven et autre Françoise Rosec. Ils firent aveu en 1690 d'un parc de terre chaude et roturière contenant une garcée. Rente foncière, 60s. On fait état d'un retrait lignager sur le sieur Jacques Marchic qui était acquéreur de Laurent Le Duff en 1686. En 1711, ils firent autre aveu pour «un parc de terre froide et roturière au terroir de Gouezou ou Streat Godel, cerné au nord du chemin conduisant à Croaz an Faou, d'acquet du 17 octobre 1690 avec concernant un parc terre chaude et noble au terroir de Gouezou nommé parc en Nedelec contenant trois quarts journal, audit terroir autre parc nommé parc en Gouezou, terre chaude et roturière excepté huit seillons qui sont nobles, contenant une garcée, cernée à l'orient du chemin de Prat an guen à Kerseau. Succession de Yves Le Duff, son père. Audit terroir, autre parc... Ledernieo, terre roturière et froide cont. demi garcée, cernée dudit chemin.»

 

De ce couple naquit:

 

-VI- Yvon Le Duff, le 27/9/1670, parrain, marraine: Yvon Le Duff et Jane Rosec. Il se maria le 11/2/1697 à Catherine Cadiou, de Languien. Il est dit alors habiter Kerneach., un lieu-dit attesté dès 1482 et situé à 2 km au nord du bourg.

- Françoise Le Duff, 19/3/1673, Laurens Le Duff, Françoise Rosec.

- Catherine Le Duff, 1675, Guillaume L'Abasque, Catherine Cadiou.

- Marguerite Le Duff, notre ancêtre, née le 12 juin 1676, parrain, marraine: Paul de Kerscau, Catherine Cadiou. Elle se maria le 31 janvier 1701 à Jean Séité. Marguerite, selon un rôle rentier de 1750, possède en 1696, suivant premier aveu du 19 octobre 1426, une maison à Kervoa avec son courtil, jardin, petit courtil, courtil nommé Liors Senezen et un foenier. Marguerite est morte le 4 mai 1728 à Plouescat.

- Jane Le Duff, 8/2/1679, Emery Le Duff, Marguerite Rosec.

- Tanguy Le Duff, 11/2/1684, Tanguy de Kersauzon, Kne le Duff. Il épousa Marguerite ou Anne Quillevere, eut René, Jean Yves, Tanguy, Jeanne, Françoise, Anne, Marguerite. Signalé à Kerneac'h, terroir d'Irvit, il mourut avant 1725.

- Vincent Le Duff, 31/1/1688, il sera prêtre

- François Le Duff, 9/1/1691, François de Kerguelen, Marguerite Rosec.

On retrouve une partie de ce monde dans un aveu du 24 février 1683: «Aveu de Marguerite, Vincent Le Duff, prêtre, Jean Le Duff, de Kercreach, Laurent Le Duff, de Ty Guen, et Catherine Cadiou, veuve d'Yves Le Duff, scavoir, au terroir de Gouezou, un parc terre chaude cerné par endroits des chemins menant à Kerseau, contenant une garcée, chargé de 60s de rente à Allain et François Mesguen et consort, audit Laurent Le Duff, comme acquet d'Yves Cadiou et Jeanne Moysan, sa femme.»

 

Le 31 décembre 1669, Vincent Le Duff, gouverneur de l'église, présente au sénéchal, premier juge de Léon, le cahier des noces et décès.

Le dimanche 5 mars 1750, parmi les délibérants du corps politique, on remarque Jean Le Duff, de Ty-Gwen, Jean Le Duff, de Kernéach et Tanguy Le Duff, de l'Estang. En 1774, Tanguy Le Duff, du Convenant et François Le Duff, de Kernéach, sont parmi les signataires d'une protestation contre l'enlèvement du goémon «que les vents et flots jettent sur le rivage, ce qui fait naître plusieurs abus comme l'enlèvement des effets naufragés, rixes, désordres, scandales par le mélange du sexe dans l'obscurité de la nuit et dans des lieux isolés, tellement que la religion et les bonnes mœurs et l'intérêt public sont également compromis, ce qui est à la connaissance de toute la paroisse et des paroisses circonvoisines où règnent les mêmes abus.» Le 29 mars 1789, François Le Duff signe le Cahier de doléance avec Vincent le Saint qui deviendra maire le 18 décembre 1791. Conseillers: Tanguy et René Le Duff. La famille donna un prêtre, François Le Duff, né en 1910, ordonné en 1934, vicaire à Combrit.

 

Une lignée parallèle :

 

-II bis- Vincent Le Du est né le 19 novembre 1570 de Yves et Anne Roseuc. Ses parrains furent Alain Dot, Tanguy An Lagadec et Marguerite Cadiou. Vincent épousa Olive de Lézéleuc, fille de Laurent et de Gilette Huon.3 Vincent et Olive eurent:

 

-III bis- Jean qui suit, né le 5 mai 1601 sous le parrainage de Jean Kerguvelen et Elisabeth An Normant.

- Elisabeth, le 8 juin 1602, parrainage: Laurent Leseleuc et Elisabeth An Normant, de Kergouara.

- Anna, née en 1609. Parrains: Hervé Rosec, prêtre, Anna Deniel. Anne se maria à Jean Grall, fils d'Yvon.

- François(e), 30 janvier 1612. Parrainage: Désiré Léséleuc, de Kerhirin et Françoise an Castel, de Kergounan.

- Yves, en 1615 parrainé par Jean an Du, Elisabeth an Normant de Kervoara.

- Jeanne, épouse de Hervé Inizan.

- Paul, né le 16 juin 1604. Parrainage: Paul Leseleuc, prêtre et Jeanne Quillevere. Ce dernier fait aveu le 21 octobre 1630 d'un champ de terre chaude nommé Parc Leach gwen au terroir du même nom dans le cadre de la succession de ses parents. Un Paul Le Duff épousa une Jeanne Moisan et eut Vincent, Jeanne, Marie, Marguerite. Sur un aveu de 1664, à la mort de leur père, il est spécifié: «acquet d'avec demoiselle Marie Léséleuc».

 

-IV bis- Jean Le Duff, né le 5 mai 1601. «Johan filius Vicentÿ An Du et Olive Lezeleuc» fut baptisé semble-t-il par le curé Le Gall et eut pour parrains «nobile Jean Kerguillou Kerguvelen, sieur de Castellpica et demoiselle Elisabeth de herisffen, matrina sie». Marié à Catherine Ronyant, Jean est mort à Plouescat le 7 mai 1647. Son parrain est d'une famille cantonnée au manoir de Gorrequéau et blasonnant «d'azur à un main sextre aparennée d'argent avec trois étoiles, deux en chef et une en pointe.» Devise: «En doue eo». Me Pierre Kerguvelen est notaire de Kerouzéré en 1724.4 Jean Le Duff eurent:

Jean,

Vincent,

Michelle, épouse Claude Menez.

Catherine,

Anne...

 

 

Les Gardic

 

L'œil bleu, la chevelure blonde, la famille Gardic supposait descendre d'Irlandais. Les registres n'en diront rien. Les plus anciens documents de Plouescat font état de «Johannus, filius Johannus Gardic et Barbe Simon», parrainé par Philippe Conssaill, Yves Deniel et Marie Roseuc.L'enfant fut baptisé le 23 janvier 1569. Ce qui nous permet de retenir Jean Gardic, né vers 1550, comme le plus ancien porteur du nom identifié sur cette paroisse.5 Sans doute la famille tient-elle son nom d'un lieu-dit, Parc Garsic ou encore Parc Gardic, la terre de la petite haie ou de la petite butte, terre chaude bordant streat ar C'Hoat, le chemin menant de Creach ar Vren au bois de Kerugant. Mais il est à noter que le nom est aussi porté dans le pays de Vannes en 1568 en la personne du recteur de Kervignac. Le recteur de Plœmeur, en 1636, est également un Gardic.

 

 

Les Gardic de Plouescat à la fin du XVIe

 

 

D'Olivier Gardic et Anne Guillou naquirent: Mence, le 6 février 1578, parrain marraine Hervé an Kergoal, Anne Guanec, Isabelle Richert. François, le 2 février 1587, parrains Yves Roseuc, Catherine Kerroudaoult. On signale aussi la naissance d'Even en 1593.

De Jean Gardic et Marie An Gall: Alain, le 11 janvier 1590/1, parrains: Didier Kerguelen et Gilette Hon, l'une de nos ancêtres. Marguerite, le 26 décembre 1592 (notée aussi en 1585), parrain, marraine, Laurent An Ault et Françoise Pean

Le 28 juillet 1590, on donne chez un autre Jean et une Marie non identifiée Marguerite, parrainée par Hervé Manach et Marie Cotz.

De Johannes Gardic et Catharina Doaré naquit Yvo, le 4 juin 1609, parrain, marraine Francis Bretoun et Marie Canafface.

De Johannes Gardic et Genovefa Bleogat naquirent Johannes, le 4 mai 1611, parrain marraine: Johannes Grall et Margareta Keruzec, Margareta, le 3 novembre 1613, parrain marraine: Paulus Leseleuc, prêtre recteur de Plouescat et Margareta Manach, Yvo, 11 mars 1616, parrain marraine: Yvon an Joly et Margareta Cadiou.

De Alanus Gardyc et Catarina Jolivet, tous deux de Plounevez, est née le 8 août 1622, Francisca, parrain marraine Alanus an Gall, prêtre curé de Plouescat et Françoise Le Borgne, de Kerroloun.

De Desiderius Gardyc et Maria Cadyou sont nés Francisca, le 14 septembre 1623, parrain marraine Francisius Kerguvelen de Lanrial et Francisca Roue, Yves, le 2 octobre 1625, parrain marraine: Yvon André, prêtre sous curé et Catherina Cadiou, Golvinus, le 21 juillet 1631, parrains Golvinus Congar et Egidia Cadiou.

De Tanguy Gardic et Marie Toullec sont nés Petrus, le 27 août 1651, Parrains Petrus de Quelen, de Castel Riec et Marie Castel.6 Tanguy et Marie ont encore Francesca, le 29 décembre 1653, parrains Robert Le Roy, Francesca du Chastel, de Coathlec. Suzanne, le 19 avril 1656, parrains noble Urbanus Botereau et Susanna Tremodan. Le 17 septembre 1658 Marie, parrains Magister Jean Prigent et Marie Castel. Le 7 septembre, 1664, Renatus, en 1667, parrains Petrus Renatus de l'Es..., de Keridiou et Maria de Kersauzon, de Kerouman. Barbe, parrains Jean Marzin et Barbe Hénaff. Prigent, le 13 février 1675, parrains: René Toullec et Barbe Gardic.

De Laurent Gardic et Elisabeth Moysan naquirent Vincent, le 23 juin 1655, parrains: Vincent Kerlidou, Odernia Tanguy. Marie, le 3 février 1658, parrains Francis Breton et Marie Nédélec. Jeanne, le 10 septembre 1660, parrains: Christophe de Goazmoal, de Keroubien et Jeanne Kerlidou. Renée: née à Plounevez le 15 décembre 1651, mariée à Jean Pendu en 1688 à Cléder, morte le 6 décembre 1720. Laurent Gardic s'est marié en 1651 à Plounevez à Isabelle Moysan,. Il est mort en 1660 à Plouescat.

 

D'Alain et Anne Grall naquit Catherine, le 5 février 1633, parrains Tanguy Gardic et Catherine Lez. Francis, le 11 novembre 1639, parrains Francis Kerguvelen et Francesca Auffret. Francis, le 24 août 1641, parrains Francis Ar Croas et Francesca Auffret

De Tanguy et Françoise Didou naît le 6 août 1637 Paul, parrains Paul Gardic et Catherine Tanguy.

De Guillaume et Anne Didou: Francisca, le 16 mai 1642, parrains Paul Gardic et Francisca Didou. Jean, le 27 décembre 1644, parrains Alain Gardic et Francisca Didou.

 

 Louise descend de

 

-I- Jean Gardic né vers 1580 et Catherine Cloarec. Dont :

 

-II – Guillaume Gardic né en 1605 et Anne Dirou. Dont :

 

-III- Tanguy Gardic, époux de Marguerite Bervois. Devant deux notaires de la juridiction des baronnies de Kérouzéré-Trongoff, honorable homme Tanguy Gardic, du bourg de Plouescat, passe un aveu, le 12 octobre 16587, à Messire Hercule François de Boiséon, Comte de Dinan et de la Bellière, gouverneur pour le Roy de la ville et du château de Morlaix, capitaine du ban et arrière-ban des garde-côtes de l'évêché de Léon, baron de Kerouzéré-Trongoff. «...scavoir est en la paroisse de Plouescat près du bourg d'icelle un lieu noble appelé la Cave consistant en un grand corps de logis a deux étages ayant au bout oriental d'icelle une cave et au dessus une chambre, sa cour close ainsi qu'une petite chambre basse sur la cour, le tout couvert d'ardoises, et au bout occidental de la chambre basse une maison à four et son four couverte de gleds ayant du costé du midy et leur aire et courtil et au bout vers le ponnant leur jardin et joignant le dit courtil et jardin aussi du costé du ponnant un parc terre chaude... cerné du côté nord du grand chemin menant de Plouescat à Lesneven, du levant d'autre chemin menant du Gouelliou gwen au bourg de Plouescat et devers le midy d'autre chemin menant de Kerveleugan à Pont-Christ et du costé du ponnant de la terre de la seigneurie de St Georges ayant leurs fos et fossés tout en tour...» Ainsi à la maison couverte de gleds a succédé une demeure à deux étages couverte d'ardoises.

Un Tanguy Gardic est signalé en 1667, alors époux de Marie Toullec.

 

Tanguy Gardic et Marguerite Bervoas eurent:

 

- Françoise, le 23 décembre 1670, parrain Jean Gardic, marraine Gilette Didou. Elle épousa Hervé Henry.

- Guillou, le 11 septembre 1672, parrains: Guillou Le Dalidec et Marie Bervoas.

- Alain, né en 1673 qui suit.

- Tanguy. Signalé en 1747, époux décédé d'Ollive Guezrer, fille de François et François Tudal. Il s'était marié le 10 octobre 1697 devant Anne du Plessis et une dame de Lanrial.

- Laurent.

- Marguerite, parrainée le 16 avril 1676, par Jan Prigent et Marguerite de Kersauzon. Elle épousa Jean Hellou.

 

Tanguy Gardic fut le curateur de Marie, Gilette, Suzanne et Marguerite Le Borgne, filles de René Le Borgne et Anne Gardic. Marguerite épousa Allain Berthoulloux.

 

Sur Cléder, Renée Gardic et Jean An Aolt mirent au monde le 19 juin 1657 Jeanne, baptisée par Pierre Kerguelen, noble seigneur de Kerdanet et Jeanne Kerlidou.

Naquit en 1679 un Jean Gardic qui, à Plounevez-Lochrist, épousa le 8 juillet 1698 Marie Penhors, 22 ans.

On note un autre Jean Gardic, sur Sibiril, qui parraine en 1700 Jean Cleach. Gardic est fils de Goulven et Marie Cabioch. Il se marie en 1701 à Marie Castel, de Plouvorn, fille de

Guillaume et Anne Yrien. A Saint-Pol, le 13 février 1661, Guillaume Gardic, de Plougar, épouse Anne Prouf de Crucifix du Trésor.

 

-IV- Allain Gardic, né le 2 novembre 1673. Ses parrains sont Alain Goarant et Louise de Kersauzon. Demeurant à Lanrial, il épouse le 8 mai 1710 Ethiennette Guérer, fille de Pierre, Plouescat et sans doute d'Etiennette Even. Il est nommé délibérant de la paroisse par Jean Marchic, prêtre, en novembre 1716. Cette année-là, il avait été difficile de réunir un nombre suffisant de chefs de familles volontaires pour délibérer des affaires de la paroisse, nommer les fabriques, assesseurs et collecteurs des fouages, les receveurs de la capitation. Une sommation lue en l'église en avril était restée sans suite. De Lesneven, le procureur du roi avait donc imposé au recteur la désignation de 18 hommes, parmi lesquels les Le Duff, Rosec, Quilleveré, Rosec, pour les 12 postes à pourvoir. Tous étaient d'anciens marguilliers, comme le veut la coutume. Alain restera membre du corps politique jusqu'en 1733. Il eut notamment à délibérer sur une affaire de contrebande de tabac avec des navires anglais qui empoisonna la paroisse. Nombre de Plouescatais y étant impliqués refusèrent de payer l'amende collective et les dommages qu'obtint la ferme du tabac. On envoya des gens d'armes en garnison, Une procédure en appel s'enlisa. Sur proposition de Me Le Créach, six membres du corps politiques, trois Le Duff, un Rosec, un Prigent, un Lazou, se prononcèrent pour un aménagement de la dette. Alain Gardic est de ceux qui refusent. Conflit au sein de l'assemblée. Capitaine de la paroisse, Kersauson en appelle à la délation des contrebandiers. On menace de saisie, on emprisonne.

Libérations, remboursements des sommes avancées, annulation de la dette semblent mettre, en 1717, un terme à l'affaire. Mais, faute d'annulation du jugement initial, la procédure suit son cours. Trois sergents signifient notamment à Jean Nédélec, de Kerveuleugant, marguillier, leur volonté de percevoir amendes et frais de justice. De guerre lasse, le nouveau recteur, Jacques Marchic, leur verse un emprunt a très court terme obtenu auprès de charitables personnes pour la levée de cette nouvelle garnison. L'initiative divise. La collecte nécessaire auprès des habitants aura du mal à passer. Quand survient un rebondissement: non seulement le jugement est cassé par le roi mais le fermier général du tabac est condamné aux dépens! Le corps politique mandate alors Kersauzon pour le recouvrement des sommes dues à la paroisse. A Morlaix sont libérés les Pen, Créach, Lanrens, Cadiou, Salaün. Seulement, l'argent attendu n'arrivera qu'après l'échéance de l'emprunt contracté. Alors, il faut tout de même se cotiser. Ainsi l'estime Alain Gardic et tout le corps politique, le 27 décembre 1717. Mais les assesseurs désignés rechignent à taxer les Plouescatais. Nouvelle assemblée le 23 janvier 1718. On menace de faire supporter personnellement les frais aux assesseurs. Lors de sa réunion du 3 février, Alain Gardic et ses paires trouvent une solution. On exemptera à vie des charges de fabrique et collecteur de taille qui se chargera de procéder à la collecte. François et Jean Le Duff se portent volontaires. Pour verser un acompte à l'un des généreux prêteurs, on s'en va recouvrir les dépens auxquels a été condamnée la ferme. Nouveau rebondissement: elle fait appel! La paroisse saisit un avocat. Et l'on ne sait comment s'acheva l'affaire...

Mariés en 1710; Allain Gardic et Estiennette Guérer, fille de Pierre, eurent pour enfants deux paires de jumeaux.

La première notée les 18 et 19 août 1715 avec:

- Yves qui suit, (parrain et marraine Yves Le Créach, notaire royal et apostolique, sieur de Chefdeville et Marie Canivel, Demoiselle du Hir) et Jan (parrain marraine: Jean Hélou et Olive Guérer).

Les seconds jumeaux furent consignés à deux reprises sur les registres: les 26 et 27 décembre 1719 et de nouveau les 26 et 27 janvier 1720. Les enfants ont pour noms

- Laurens, (parrain marraine Laurens et Françoise Gardic) et Marguerite (parrain marraine Didier Rochel et autre Françoise Gardic).

 

Si Allain s'est marié Estienette Guérer en 1710, son frère Tanguy, dès 1697, avait pris pour épouse Olive Guérer, fille de François et Françoise Tudal. Ce second couple aura également des jumeaux parmi les enfants suivants:

 

- Françoise, née le 6 avril 1700, parrains: Alain et Françoise Gardic. Morte en bas âge.

- Jean, né le 30 novembre 1703, parrains: Alain Gardic et Marie Canivet Le Hir, époux le 4 septembre 1743 par décret enregistré à Lesneven le 19 août de Françoise Abivin, fille de Jean et Anne Goulc'hennic, de Plounéour-Trez. Les témoins furent Yves Gardic et un Abalain.

- Françoise, (parrain marraine: Jean Hélou et Françoise Tudal) et François Gardic8 (parrain marraine François et Catherine Guérer), 16 juillet 1706.

- Marguerite, parrains: Nicolas L'Hir, et Marguerite Gardic.

- Marie, née le 2 avril 1709, parrain marraine: Jean et Marie Guérer.

- Louise, née le 9 novembre 1710, parrain marraine: Tanguy Pen, sieur de Villeneuve, et Marie-Louise Le Béchec.

- Marie-Thérèse, née le 15 janvier 1712, parrain marraine: Laurans Le Borgne et Marie-Thérèse Le Hir.

Un Gardic auxilliaire de justice

On trouve déjà trace d'un sergent Gardic dans l'affaire Didou, un tailleur du bourg de Plouescat, porteur d'armes, redouté de tous et qui devait une somme d'argent à l'église. Des injonctions frappèrent Didou dès 1702 et, le 1er juin 1706, le sergent Gardic n'osa saisir les meubles désignés par le contrevenant. Condamné par contumace, Didou menaça toutes les personnes qui se présentèrent à la vente de ses biens. Lors de la séance suivante, le 2 mars 1707, on dû faire appel à des sergents royaux. Ils furent accueillis par un fusil. D'autres procédures furent encore engagées dont on ignore le dénouement.

Pierre Gardic est signalé les samedis 28 juin 1721 et 4 juin 1735 comme l'un des cinq sergents assistant notaires et procureurs aux plaids généraux de la juridiction seigneuriale de Kerouzéré-Trongoff. Ce tribunal se réunit régulièrement au premier étage de la halle de Plouescat. Elles ont lieu le samedi, jour du marché, tôt le matin et se prolongent parfois fort tard. On débat de querelles de voisinages, arriérés, problèmes de successions, des règlements de police telle la divagation des cochons. Le rôle de Pierre Gardic, qui réside à Leneuzel, en Cléder, est celui d'un huissier de justice. Il veille à l'exécution des décisions du sénéchal et du procureur fiscal. Pierre Gardic assure les annonces de justice par bannies, dresse le procès-verbal d'une saisie de meubles, remet contraintes et assignations aux justiciables, assiste les officiers seigneuriaux dans leurs enquêtes et auditions. Officiellement mandaté par le baron de Kerouzéré, supposé de bonne vie et mœurs, Pierre Gardic a dû prêter serment lors d'une réception présidée par le sénéchal. Il aura levé la main droite, juré de se «bien et fidèlement comporter en la dite qualité». Puis il aura apposé sur le registre les seing et paraphe dont il entend se servir.

Pour la succession de Me Hervé Masson procureur fiscal de la juridiction, il raconte: «le dimanche 29 juin 1721, je me suis rendu au bourg de Plouescat ou, en compagnie de mes témoins et assistants nominés et qualifiés par nom et surnom, vocation et demeure, j'ai à l'issue de la grand'messe de l'église paroissiale du dit Plouescat dite et célébrée par Pierre Le Goff, prêtre, près de la croix érigée dans le cimetière de la dite église au lieu accoutumé à faire les proclamations de justice, dans le temps que le peuple sortait en grande affluence, me voyant entouré de beaucoup de monde, banni, proclamé et donné à entendre à haute et intelligible voix en français, qu'en vulgaire breton que tous ceux ou celles qui ont quelques rentes justes à prétendre sur la dite succession bénéficiaire, ayant à comparaître à la prochaine audience de la dite juridiction de Kérouzéré/Trongoff, exercée au dit bourg de Plouescat, dans la quinzaine franche après le procès-verbal et afin que le tout soit plus notoire à un chacun et personne puisse prétendre cause d'ignorance, j'ai affiché par attache une autre copie de mon présent procès-verbal à la porte principale d'entrée de la dite église paroissiale du dit Plouescat.» Quinze jour plus tard, Pierre Gardic revient au marché. «Ce jour quinzième juillet, je me suis transporté de compagnie avec mes témoins, assistants ci-après nommés et qualifiés par nom et surnoms, vocation et demeure, jusqu'à la place publique du marché du dit bourg de Plouescat et ou j'ai fait battre la caisse par Guéguen Le Dividic, tambour ordinaire du dit Plouescat et le peuple s'étant assisté autour de moy, j'ai à haute et intelligible voix, tant en français qu'en vulgaire breton, aux lieux et endroits de la place publique et carrefours accoutumés à faire les proclamations de justice et bannies publiques et donné à entendre le contenu de mon premier procès-verbal de bannie de dimanche vint neuvième de juin dernier cy des autres parts, en conséquence j'ai répété l'assignation par icelle à tous les créanciers...»

31 audiences se déroulent en 1735 et une vingtaine d'affaires sont examinées à celle du 5 février. Le sénéchal, juge unique, est alors, Jean-Baptiste des Loges, avocat à la cour. Le procureur est Me Amaury-Henri Barbelat, sieur du Verger. Quant au greffier, il s'agit de Jean-François de Kerguvelen.

Nous ne sommes pas encore parvenus à faire le lien entre Pierre Gardic et les ascendants de Louise. Pierre Gardic était marié à Françoise Cadoux. Le couple eut:

- Jeanne, née le 12 février 1695, Jeanne, parrains: Didier Toullec et Jeanne Cadoux

- Didier, né le 20 août 1697, parrains Didier et Anne Guynard. Il se maria le 27 octobre 1732 à Liesse Gouarant, fille d'Olivier et de Liesse Bastard. Didier et Liesse eurent à leur tour Marguerite Gardic, morte à 7 ans à Lanneusvel, Marie-J. Gardic, morte à 29 ans à Kermoal, en Cléder. A Lenneusvel mourut le 14 février 1756 Didier Gardic, à l'âge de 55 ans.

Le 21 décembre 1746 est morte à Cléder Louise Gardic, âgée d'environ 90 ans, en présence de François et Pierre Gardic, ses enfants, Maudé et Vincent Floch.

 

-V- Yves Gardic, né le 19 août 1715, marié le 23 novembre 1741 à Catherine Le Borgne. En 1742 et 1746, deux aveux nous indiquent qu'ils possèdent une parcellée de terre chaude au Grand Champ, terroir de Moguériec. Elle viendrait de Louise Rosec, mère de Catherine, qui la tient de son père, André Rosec. Lui même la tenait, selon aveu de 1705, de Christien Rosec et Marie Stricot, ses pères et mères. Yves Gardic donne, selon un aveu du 7 avril 1777, 3 livres pour une parcelle de terre à Roch Saliou relevant de l'arrière fief de la baronnie de Kerouzéré-Trongoff. L'année suivante la Belle Poule, après son combat contre la frégate anglaise Aréthuse, vint débarquer ses blessés sur le rivage.

Catherine Le Borgne avait Louise et Marie pour sœurs. Sa mère était Louise Rosec.

 

-VI- Hervé Gardic, né le 2 mai 1748, est l'homme qui quitta Plouescat. Marié le 12 mai 1777 à Marie Prigent, du Minihy, il mourut à Savennal. En 1787, il y perd un enfant de 13 mois, Pierre.

 

Pendant ce temps, à Plouescat...

 

En 1793, climat tendu à Plouescat. Maire et adjoints sont acquis à la cause révolutionnaire. La commune doit fournir un contingent de treize soldats. Malgré les publications répétées du 14 au 17 mars, au volontaire ne s'inscrit. Le 18 mars, la municipalité convoque tous les citoyens de 18 à 44 ans. La réunion se tient à l'église. Dehors s'amasse une foule venue surtout de Cléder et Sibiril. En fusent bâtons, hurlements et menaces. On tente de forcer les portes de l'église. Celles du portique finissent par céder. Devant l'émeute, le maire, qui allait procéder au tirage au sort, ceint de son écharpe, supplie les citoyens de Plouescat de chasser les «étrangers». Ceux-ci lèvent leurs bâtons et menacent de casser la tête à qui les approcherait. Ce que voyant, le maire prend son chapeau et lève la séance. Seconde réunion le 26 mars 1793. Cette fois, 170 citoyens sont disposés à former le contingent. 157 bulletins blancs et 13 bulletins noirs sont déposés dans un chapeau. Et l'on tire au sort. 13 noms suivent. Une troisième réunion se déroule le 15 mai pour remplacer Paul Guéguen, employé aux batteries de Brest et Ollivier Gohier, malade et réformé. 135 présents. Aucun volontaire. Le sort désigne Paul Le Léa et Hamon Gardic, 25 ans. Le fils de Yves et Catherine Le Borgne toise 5 pieds et 3.2. Les cheveux d'un brun foncé, il a le front découvert, les yeux bleus, le nez bien fait, une petite bouche, en menton pointu et le visage ovale, épargné par la petite vérole. Hamon, frère de Hervé s'est marié tardivement, le 14 janvier 1806, à Marguerite Cren, fille de Jacques Cren et Marie Grall.

 

 

- VII- Mathias Gardic naquit au Minihy le 25 août 1780 et s'y maria à Louise Caroff le 29 janvier 1807. Louise était fille de Jacques Caroff. Et ce dernier était beau-frère de Claude Créach II et et Elie Créach. C'est le premier lien fort entre nos deux familles. Déjà appelé en l'an IX, Mathias est rayé de la liste des conscrits de l'an XI. On le dit cultivateur à St-Vénal, non loin de Kerhoant qu'il doit donc fréquenter. C'est un homme de 1,62 m. Son épouse est morte tôt, laissant plusieurs enfants.

 

La fratrie de Mathias Gardic

- François, le frère aîné est né le 17 avril 1788 sous le parrainage de François Prigent, frère de la mère et Gabrielle Mouster. De François Gardic et Jeanne Cueff, naîtra à Plouescat Allain Gardic, le 14 septembre 1835. Marié à Jeanne Olive Séité, il est mort le 20 décembre 1881 à St-Pol. Les témoins de sa mort: Hamon Séité, son beau-frère, chez qui il décède, et Christophe Messager, garde champêtre. Il eut Jeanne Gardic, née le 26/4/1872 et morte le 25/5/1873, Célestin Henri Gardic, né le 26/6/1874 et mort le 14/8/1876. Les deux sont dits de Trofeunteun.

- Yves est dit aisé en 1810 alors qu'il n'a que 20 ans. Cultivateur à St-Venal, il est des conscrits qui, tirés au sort, doivent se rendre à Quimper le 15 avril 1811. Il mesure 4 pieds, 8 pouces et 6 lignes, a les cheveux châtains, le front haut, les yeux bleus, le nez aquilin, la bouche moyenne, le menton rond et le visage ovale.

En 1828, Yves Gardic, paysan à Villargren est dit tuteur légal des dits Rolland, Marie, Hamon, Marguerite, Rolland, Claudie, Jean et Yves.

 

 

-VIII- Hamon Gardic est né à St Pol le 10 août 1810 et s'est marié à Marie-Françoise Prigent le 25 janvier 1850 à Plouénan. Mort à Plougoulm le 19 janvier 1857.

 

-IX- Jean-Marie Gardic, nait à Plougoulm en décembre 1850 et se marie à St Pol à Angèle Quéré le 30 juin 1883. En 1873 est signalée la mort à un an de Jeanne Gardic, Trofeunteun, de Alain Gardic et Françoise Séité. Un éleveur du Dourduff, Jean Gardic, de Plougoulm, se signale aussi dans les concours dans les années 1870. Mais aussi un homonyme, également à Plougoulm, au Grand Manoir.

Jean-Marie Gardic est mort en 1929 à Kergompez, ferme ou sont signalés aux XVIIIe et XIXe siècle des Combot, Messager, Péron...

 

-X- Hamon Gardic, fameux éleveur de chevaux, est né le 4 août 1887, à 4h, à Kergompez. Marié le 7 octobre 1919 à Anne-Marie Le Lez, il est mort le 31 janvier 1964 à Kergompez. Son épouse descend en droite ligne des Huon de Kerillo, famille émigrée aux antipodes et des Lézérec qui ont donné un évêque, Mgr de Lézéleuc.

 

Hamon Gardic et Anne Marie Le Lez donnent

 

- Joseph, dit Chopic, né en 1921. Epoux de Louise Priser, dite «Lisette». Président de la coopérative «La Celtique», chevalier du Mérite agricole, c'est lui qui reprendra Kergompez.

- Rosalie, née en 1922. Elle épouse Eugène Simon.

- Louise, née en 1924, qui suit.

- Angèle, née en 1926. Epouse de Louis Kerdilès.

- Jeanne, née en 1932. Epouse de Léon Urien.

- René, né en 1935. Epoux de Yvonne Quéméneur.

 

Par de nombreux ancêtre communs, Louise Gardic et Jean Créach était quatrièmes cousins au premier degré. Jean Créach comptait en effet des Gardic parmi ses ancêtres les plus reculés :

 

-I- Olivier Gardic et Françoise Plantec. Dont :

 

-II- Guy Gardic et Marguerite Paugam. Dont :

 

-III- Paol Gardic. Un aveu du 15 août 1637 fut passé par maistre Paol Gardic, du bourg de Plouescat après qu'il eut acquis une maison a Croasiou an Roux, lieu appelé encore Primel ou la Cave. Cet aveu est passé à Hault et puissant seigneur, messire Claude de Boiséon en sa qualité de baron de Kérouzéré-Trongoff, détenteur du fief de la seigneurie de Penhoat, en Plouescat. «En Plouezcat, scavoir est une maison couverte de gledz et un buron estant sur basse court au derrière de la dite maison et autres ses issues, franchises et appartenances quelconques avec un jardin et courtill de jouxte situés en la dite paroisse de Plouescat près le bourg d'icelle au terrouer de Croisiou an Roux appelé Primel autrement la Cave, ayant ses fos et fossés tout entour cernés de terres des hoirs ou cause ayants de deffunt Ollivier lemaigre, terres de la chappelainye de ... lesquels herritaiges sont quittes de touttes charges scavoir rente et cheffrente au rapport du dit abvouant et lui sont escheuz et advenus par les avoir acquis davecq honorables gentz maistre Louis Trouvé et Catherine Thépault sa compagne espouse et vertueuse fille Guillemette Thépault sœur a la dite Catherine par contrat du dix huitième jour de septembre mil six cents trante six...»

 

Paul Gardic fit un beau mariage en épousant Marie du Chastel . Ils eurent :

 

- Tanguy, né le 6 décembre 1629. Parrainage: Tanguy Jobart, noble seigneur de Saint Georges et Françoise Jobart, dame de Penarcréach.

  • Le 17 février 1632, Anne, ancêtre directe de Jean Créach, parrains: Francis Kerguvelen, noble seigneur de Gorrequer et Anne Castel.

  • Le 16 mars 1639 Francis, parrainé par Francis Dot, seigneur de Languien et Michèle Kerouatz.

  • Le 12 septembre 1644, Jeanne, parrainée par Maître Xtorus Grall et Jeanne Kerscao, de dame Gorreguer. Paul est lui aussi dit «Magister».

- Laurent est aussi fils de Paul et Marie, sinon un neveu. Il se maria en 1679 à Marguerite Porzier de Cléder. Ils eurent Jan, le 7 octobre 1680, parrains: Jan Gardic et Renée Porzier. Tanguy, le 17 septembre 1682, parrains Tanguy Gardic et Anne Porzier.

On note aussi une Françoise, mariée à Michel Brochec et qui donne Tanguy en 1671, parrains P. Gardic et Françoise Auffroit, Michel en 1674, parrains Gardic Jan et Anne Lagadec. A Plougoulm vivait en 1654 une Clémentine Gardic mariée à Yvon Riou.

 

-IV-Anne Gardic épousa René Le Borgne. Ils eurent Marie en 1650, parrainage, Claude X Ecuyer, seigneur de Measdidreux et Marie Castel, Marguerite en 1653, parrainage Francis Dot, noble seigneur de Locrenan et Marguerite Kerguvelen, dame de Penanru, Suzanne en 1655, parrainage Olivier Léon, recteur et Marie Toullec, Aegidia, en 1658, Francis Kerguele, et Suzanne de Kergariou, demoiselle de Locrenan.

 

-V- Marie Gardic épousa un Séité dont la descendance, en s’alliant avec les Cabioch, nous amène aux Créach de Kerhoant.

 

 

Les Huon de Kerillo

 

Laurent de Lézéleuc épousa Gilette Huon de Kerillo. Cette dernière famille vient de la paroisse de Plouvorn. Son nom signifie la maison du lierre. De Courcy note: «Anc. ext. réf. 1669, huit gén. réf. et montres de 1446 à 1534. Par. du Tréhou et Plouvorn, év. de Léon.» Les Huon blasonnent «de gueule à cinq croisettes, recroisettées d'argent, posées en croix.» Devise: «En dra bado birviquen». Tant qu'elle durera, jamais!.. La branche aînée s'est fondue en l'Estang. Chassée par la Révolution, la famille s'en est allée en Australie et a fait souche aussi aux île Fidji. Là, les armoiries avec leurs cinq croix posées 1,3,1 sont devenues «de gueule à la croix recroisetée d'argent cantonnée de quatre croisettes recroisetées de même.»

A l'origine, les Huon sont un ramage de Léon et Penhoët. Le Guennec les donne seigneurs de Herlan (Saint-Thégonnec), du Squirou (Brasparts), de Lavalot (Ploudiry), de Trohéon (Sibiril). Eon, seigneur de Trohéon, mariée à Annette Chastel, fut tué à Azincourt en 1415 et avait eu Hervé, époux d'Isabelle, dame du Herlan. La branche aînée des Huon s'est fondue au XVIe dans Kerc'hoant, puis la Forest et du Parc. Elle comptait Hervé, chevalier en 1307 et Guyomarc'h, écuyer en 1378.

 

Hervé Huon de Kerillo, vivant en 1446, a épousé Jeanne Le Courtois, de la maison de Botquénal. La branche des Kerilio, aurait donné: Guillaume, époux de Jeanne de Kerrom dont Louis, époux de Arthuse Huon dont Guillaume, époux en 1512 de Marguerite de Kersaudy, dont Hamon, seigneur de Kerezelec, marié en septembre 1543 à Anne Le Sénéchal(Gilette Huon de Kerillo, épouse en 1547 Laurent de Lézérec), dont François Kerezelec, marié en 1568 à Françoise de Kerdelan dont François, marié en 1601 à Marguerite du Val et Guillaume, marié en 1611 à Marie de Trémeur et donnant François de Kerbrat, marié à Anne du Cleuziou.

 

Les Lézéleuc

 

 

Thomas de Lézérec, cité en 1420, est le plus ancien nom de la filiation. Les Lézéleuc furent influents pour que l'un d'eux interpelle le nouvel évêque de Léon à l'entrée de son siège épiscopal. La famille donna elle-même un évêque adulé en son temps. Le nom des Lézéleuc est allé faire souche au Canada.

Nous descendons des Lézéleuc par le mariage de Maurice Séité avec Mence de Léséleuc en 1567. Leur fille, Olive, épousa Pierre Guérer dont l’arrière arrière petit-fille, Estiennette, épousa Alain Gardic, ce qui nous mène ainsi jusqu’à nous.

Lézéleuc? Lésérec? Le patronyme a subi des transformations. Quand le plus prestigieux des enfants de la lignée, Mgr de Lézéleuc, est encore au collège des Jésuites de Sainte-Anne-d'Auray, ses prix sont attribués au nom de Léopold de Lézérec. Une note accompagne son acte de naissance:

 

«Ce nom de Léséleuc a été substitué au nom de Lézérec ainsi porté à l'acte ci-contre, par erreur et suite d'altération, en vertu d'arrêt de la cour royale de Rennes du 15 février 1826. Dûment enregistré et transcrit sur les registres courants ce jour, 21 juin 1826.

 

Menez, adjoint.»

 

Qu'ils soient Lézéleuc ou Lézérec, Les signifiant cour, juridiction, ils sont seigneurs de Gouëlatquer, de Quistillic, de Kerpica, de Kerdané, de Kerriou, de Kerstramet. Mais avant tout de Kerouara, terre noble de Plouescat qui leur confère un droit d'enfeu et un banc dans l'ancienne église paroissiale. Les ruines du manoir de Kergouara ou Kerouara se situent à trois kilomètres au nord du bourg. Non loin du village de Saint-Edern. Les Lézéleuc y sont depuis la seconde moitié du XVIe siècle. Habitait là, en 1534, François Kerliviri.

A Kerouara, près des ruines d'un cromlech, est visible un menhir haut de 7m aux flancs percés de deux trous. Il abrite un trésor visible seulement les nuits de Noël et des Rameaux. Alors que sonnent les douze coups de minuits, vous pourrez en prendre autant que l'on peut empoter. Malheur à celui qui attend le douzième coup de minuit. En l'écrasant, le menhir reprendra son bien.

Des Lézéleuc, le généalogiste De Courcy retient:: «Déb. Réf. 1670, ress. de Lesneven, réf. et montres de 1443 à 1535, par. de Plouescat et du Ménihy, év. de Léon.» Les Lézéleuc blasonnent «d'argent au chêne de sinople, le tronc chargé d'un lévrier courant de sable.» Leur devise: «A deo robur», de Dieu vient la Force.On leur donne aussi «Feiz a Breiz-lez iliz». On dit aussi de leurs armoiries: «D'argent au chêne terrassé de sinople, un lévrier de sable courant brochant sur le tronc d'arbre.» Ils portaient encore «écartelé en sautoir d'or à un arbre de sinople flanqué de (gerale?) à deux têtes d'oiseau (a mochin?) d'argent.»

Les Lézéleuc vécurent au manoir noble de Goueletquer, en Plouescat, «consistant en une maison, le surplus des édiffices en mazures, ... jardin et courtil, cour close à écuries, fossés, franchises et appartenance cerné en partie de Prat Gouelletquer, le tout de la semence de trois boisseaux audit terroir de Gouelletquer donnant sur un petit endroit du grand courtil vers la maison du côté du midy une garenne appelée garenne gouelletquer, cerné du bout vers... du chemin appelé streat an ilis et devers orient le chemin de Lesmelcher à la franchise de Goueletquer de la semence de six garcées. Audit terroir, autrement prat an guen, un petit fenier nommé Foennec Prat an guen cerné par endroit de la franchise de prat an guen contenant une journée à faucher. Au dit terroir de l'autre côté de la franchise de gouelletquer, vers orient, un parc et pièce de terre froide et la semence d'une garcée un quart cerné de la dite franchise. Au terroir de Croas les, un petit parc appelé croas les cerné de côté vers orient du chemin de la franchise de prat an guen et celle de prat lanvian de la semence de trois quarts garcée...» Paul de Leseleuc qui fait aveu en 1600 possède aussi maisons et terres aux terroirs de la Croix, meas dour, St-Heden et Gouel an Devet...

La famille est proche des Kersauzon ou Kersausen, l'une des plus antiques familles de Bretagne. Elle tient sa filiation d'Angleterre et Guillaume, chevalier, seigneur de Kersauzon vivait en 1260. Au XVIe siècle, elle possède le manoir de Saint-Geoges, aujourd'hui disparu, près du moulin du même nom situé à Lanrial, à deux kilomètres à l'ouest du bourg de Plouescat. François de Kersauzon et sa femme Catherine de Kerguvelenn résident en 1650 au petit manoir de Mesguen, possédé au XVe siècle par Jehan de Penfeuntenyo et situé vers l'ouest sur la route de Kernic. Une arrière-petite-nièce du couple racontera à Le Guennec cette anecdote familiale. François et Catherine passaient pour se heurter à loisir. «Pouilloux!» assénait un jour l'épouse... à l'époux. Le noble de vieille famille défie sa femme de le redire. «Pouilloux!» insiste-t-elle. François attache sa femme à la corde du puits, la fait descendre et tend l'oreille: «Pouilloux!» Il l'immerge jusqu'à la ceinture. «Pouilloux!» Bientôt ne surnagent plus que les mains mimant le geste d'écraser la vermine. Devant cette belle opiniâtreté, François de Kersauzon hissera sa femme jusqu'à lui. Pour vivre jusqu'à la mort un bonheur sans nuages.

 

Filiation

 

I - Thomas de Lézérec, écuyer, se présente à la montre de Jean de Penhoët organisée en 1420 pour le recouvrement de la personne du Duc. Dans l'armorial conservé à la bibliothèque de Morlaix, une main a rajouté au regard des armoiries des Leseleuc: «en datte du 27 juin 1420».

 

II - Philippe, seigneur de Goueletquer, apparaît en écuyer à la réformation de 1443. Il est notaire-passe en 1478.

 

III - Didier, en 1520, est procureur des bourgeois de Léon. Les notaires de l'époque racontent: «Le dimanche 13 mai 1520, Guy Le Clerc, évêque de Léon, fait sa première entrée solennelle dans sa ville épiscopale. Le prélat avec une suite nombreuse arrive au faubourg de la ville et entre dans l'église Saint-Pierre où il reçoit l'hommage des nobles et puissants seigneurs et il se rend ensuite au portail de l'église, près d'une chaise à porteur et prête serment aux seigneurs qui devaient le porter de défendre les droits de l'église de Léon et il confirme les dits seigneurs dans tous leurs droits. Ce serment prêté, les seigneurs portèrent l'évêque assis en la sedia dans la chapelle Saint-Pierre, jusqu'à la porte de la ville située dans la rue Verderel, auprès de l'église Notre-Dame du Creisquer. Le chapitre et tout le clergé de Léon portant des surplis et des chapes, précédaient processionnellement au chant des cantiques et des hymnes. Comme l'évêque approchait des portes de la ville, les citoyens et habitants la fermèrent aussitôt et par l'organe du noble homme Didier de Lézéleuc, au nom des habitants de la cité, demandent au seigneur évêque qu'avant de pénétrer dans la ville il prête le serment qu'avaient coutume de prêter ses prédécesseurs en pareille circonstance et aussitôt le prélat, devant les citoyens et habitants ainsi que devant le sire de Lézéleuc, leur représentant, jura solennellement de défendre les droits de son église et de conserver les dits citoyens dans leurs anciennes liberté et franchises. Acte de ce serment, sur les instances du Sieur de Lézéleuc, fut dressé par nous, notaires soussignants. Immédiatement, les habitants ouvrirent leur porte et permirent l'entrée dans la cité épiscopale au seigneur évêque qui continua sa route, porté sur sa sedia, jusqu'à la porte occidentale de l'église cathédrale.»

Didier Lezellec est présent à la montre de Saint-Pol en 1545. Il sera à celle de Saint-Renan en 1557. En 1534, au titre de la noblesse du Minihy, on a noté Maudez Lezellec.

 

IV - Yves, marié en 1530 à Tiphaine Le Borgne de Kervidou. Cette dernière est d'une des familles les plus considérables du pays de Morlaix. Avec sa branche du Goëllo, elle descend des barons d'Avaugour et comtes de Goello, donc des premiers princes bretons. Elle tient son nom d'un chevalier qui fut, dit-on, blessé à l'œil en défendant un défilé contre les Sarrazins au tout début des croisades. Ses descendants porteront «d'azur à trois huchets d'or liés et virolés de même». Devises: «Tout ou rien», «Monstrat virtus honorem» et «Attendant mieux».

 

 

Les Avaugour, ramage de Penthièvre

 

- Etienne, comte de Penthièvre. Le comté de Penthièvre et de Saint-Brieuc, d'Hermines à bordures de gueule, était partage des puinés de Bretagne au XIe siècle avant de passer par les Avaugour puis de nouveau les Bretagne.

- Henri, comte de Goëllo, prend le nom d'Avaugour et épousa en 1151 Mathilde, fille de Jean, comte de Vendôme. «D'argent au chef de gueule». Devise: «Utamur». Lors d'une réformation, il est dit que les seigneurs d'Avaugour sont sortis de la maison de Bretagne par Henry, compte de Tréguier, seigneur d'Avaugour, troisième fils d'Estienne, comte de Lamballe, époux de Mathilde de Vendôme.

- Henri, croisé en 1240 et 1259, fondateur en 1251 des cordeliers de Dinan, mort en 1281.

 

Les Le Borgne

 

- Guillaume Le Borgne, dit Canis, mentionné dans la charte de l'abbaye de Beauport en 1203.

- Guillaume II, sénéchal de Goello, tuteur de Henry d'Avaugour, époux de Thiphaine. Teste en 1225.

- Guillaume III, croisé en 1248, marié à Plezou, dame de la Roche-Suhart, vicomtesse de Plourhan.

- Guillaume IV, seigneur de la Roche-Suhart. vicomte de Plourhan en 1300, connétable de Goello. Son sceau de 1306 porte «de gueule à la croix d'argent cantonnée en chef à quatre limettes de même deux dans chaque canton.» Il fut exécuteur testamentaire du duc Jean II puis conseiller du duc Arthur II et son ambassadeur vers le Pape en Avignon en 1309. Il rédigea son testament en 1315. Guillaume IV donna naissance à deux branches. La première est fondée par Geoffroi, marié à Jeanne Pean, qui blasonnera «d'argent au chef endesché de gueules». Devise: «Utroque lumine valet». La seconde passe par:

- Raoul Le Borgne, nommé capitaine à Morlaix, se fixe dans un hôtel de la rue du Pavé alors qu'il épouse Amice de Kermellec en 1320. Son épouse est issue d'un ramage des Penhoët qui blasonne «d'or à fasce de gueules accompagné de trois molettes de même.». Devise: «Bella minatur». La seigneurie de Châteaulin devait au capitaine de Morlaix redevance féodale d'un saumon porté au bout d'une lance par un cavalier sur un cheval blanc.

- Guillaume ratifia le traité de Guérande en 1381. Il épousa Havoise Prévôt, dame du Parc ar Prevost, en Plougasnou. Il eurent:

- Jean, marié en 1420 à Marguerite de L'isle, dame de Kervidou, en Lanmeur. En descendent notamment:

-Jean, procureur du roi à Morlaix en 1544. En épousant Marguerite de Kerguennec en 1540, il fit entrer dans son patrimoine les terres de Lesquifiou en Pleyber-Christ et de la Tour en Saint-Vouguay.

- Méance Le Borgne de Kervidou qui fut l'épouse de Nicolas Coëtanlem. Avec son oncle, Jean, d'origine cornouaillaise, ce marin morlaisien protégeait contre la terre entière les navires de commerce bretons. Et pillait l'ennemi à l'occasion. Surtout l'Anglais. A la demande du gouvernement breton, les Coëtanlem aidèrent même Richemont à chasser Richard III l'usurpateur. Une forte flotte britannique fondit sur eux non loin de nos côtes. Loin de fuir, les Coëtanlem repoussèrent l'escadre jusqu'à Bristol qu'ils pillèrent. Immense fut leur popularité. Richard III renversé, la paix revenue, l'oncle et le neveu s'acharnèrent sur les Castillans. Soucieux de ménager le roi d'Espagne, le Duc François II ordonna aux Coëtanlem d'indemniser leurs victimes. Ils persistèrent. Menacé de saisie, Jean se porta au service du roi du Portugal où il finit grand amiral. Gracié fut quant à lui Nicolas qui par deux fois aida Nantes contre les Français, participa à la bataille de St-Aubin du Cormier, s'impliqua dans le complot anglo-breton de 1492. Il est mort en 1518, au manoir de Penanru, en Ploujean, après avoir dirigé la construction de la fameuse Cordelière à Morlaix.

A cette branche appartenaient donc les Lesquiffiou jusqu'aux Barbier de Lescoët, les Keruzoret jusqu'aux Audren de Kerdrel, les sieurs de la Tour, les Kermorvan.

 

Le chanoine Perennès signale un Yves de Léséleuc, recteur de Plouescat de 1543 à 1547.

 

V - Laurent fut des notaires et procureurs des seigneuries de Kérouzéré, Trongoff et autres lieux. Il est convoqué aux halles de Plouescat le 6 juillet 1588. Un Laurent est parrain chez les Castelpig avec Françoise Dot en 1607. Laurent épouse le 15 août 1547 Gilette Huon de Kerillo9. Leurs enfants:

- Paul Léséleuc, baptisé le 22 août 1559 en l'église de Plouescat. Peut-être mort en bas âge.

- Louise de Lézérec, le 22 juillet 1567, a pour parrains Hervé et Jeanne de Kersauzon, Louise Penchoidic. Elle eut un frère jumeau ou une sœur jumelle, non indentifiés. - Didier, baptisé le 22 octobre 1568. Parrainage: Maudez Lambert, Jean Durant, Jeanne Keroignant. Il épousa Isabelle Normant. Nous poursuivons sa descendance en fin d'ouvrage.

- Paul, baptisé le 21 mars 1570 avec pour parrainage Paul de Kersauzon, Fan Chastel et Catherine Rozeuc, sera recteur de Plouescat en 1607.

- Jeanne baptisée le 27 octobre 1573 en présence de Guillaume de Kersauzon, Jeanne Le Princze, Gilette Castel.

- Catherine Léséleuc épousera Didier de Kerguvelen, fils cadet de Laurent, présent à la montre de 1536 et de Marguerite de Trédern. les descendants de Catherine et Didier épouseront notamment et successivement des Du Chatel, de Kerscao, des Rozec, puis une Kersauzon... Ils eurent Laurent, en 1568, parrains Maurie Saitté et Laurent Leseleuc, Didier en 1573, Marguerite en 1579, Maurice en 1580, autre Marguerite en 1581, marraine, Gilette Huon, parrain: Maurice Saitté.10

 

A cette époque, Mence de Leseleuc est mariée à Maurice Saitté. Ils ont:

- Jeanne baptisée le 20 août 1570 sous la protection de François Le Voyer, Jeanne Le Prince et Jeanne de Kersauzon.

- Didier le 6 janvier 1577 parrainé par Tangi et Yves Kergoall, Marie An Salt.

- Gilette, marraine: Gilette Huon, en compagnie de Paul et Françoise de Kersauzon, le 6 juin 1579.

- Olive , mariée à Pierre Guerer, né le 11 mars 1573 à Plouescat

 

Parallèlement, un Jean de Lézéleuc aura d'une Jeanne Quillivéré plusieurs enfants.

- Guillaume est baptisé le 20 mai 1573 sous le parrainage de Guillaume, Jean et Françoise de Kersauzon.

- Olive le 5 juin 1574, parrains: Didier ? , noble homme, Catherine Roseuc et Tiphaine Quillévéré. (noté aussi Jean Crémeur, époux de Marguerite Keruzanen, Marie Roseuc, Catherine Sparfel). On retrouvera une Olive de Lézéleuc marraine chez Jean Roseur en 1607, les Tanguy en 1609, les Guimarch en 1614, Goulvin Rosec en 1615.

-Jean en septembre 1576. Parrains: Paul Kersauzon, Jean Quillévéré, Gilette Castel. Il épousa Béatrice Fontene dont il eut Catherine de Leseleuc en 1609. Parrains: Désiré Léséleuc, de Keriffin et Catherine Rannou de St George.

- Jeanne le 14 février 1579, parrains: Paul Kersauzon, Jeanne An Prince, Françoise Kerliviry.

- Didier, le 6 avril 1582 avec Jean de Kersauzon et Gilette Huon près des fonts baptismaux.

- Laurent, baptisé en 1585 par François et Jeanne Kersauzon.

- François, le 11 février 1589, parrains F. Kersausen et Olive Kerguelen.

 

On rencontre un Jean de Lézéleuc, en 1607, dit de Kerstraurecq.

 

 

 

Les Marchic

 

La chapellenie du St Sacrement fut établie en 1687 en l'église paroissiale de Plouescat par testament du sieur Marchic. Il donnait 90 livres de rente à prendre sur le lieu de Kervegen. Plus tard, en 1778, les héritiers prétendront assujettir le clergé aux réparations de l'immeuble de Kervégen et ajouter aux charges de la fondation une concession dans le cimetière. Sans doute furent-ils déboutés.

En la chapelle du manoir de La Lande, Plouescat, se maria le 10 octobre 1689 Pierre Guillouzou de Trovern, de St Martin de Morlaix, à Jeanne Renée Marc'hic, fille de noble homme Jacques Marchic et Anne Le Roux, sœur de Jacques Marchic, recteur de Plouescat.

En la chapelle du Calvaire, Plouescat, fut conservé le chef de Jacques Marchic, recteur de 1717 à 1735.

 

Les Méar

 

Chez Abgrall, le 16 avril 1743, Prigent Méar, soldat de la compagnie franche de Chateaulogé, «estant actuellement en quartier à St Pol» signe un bail concernant «honorable marchand Guillaume Méar, demeurant au lieu de Lesvadennec, Cléder.»

 

Les Pezron

 

Pezron est une variante de Perron. Seigneurs de Coëtmorvan, en Ploujean, on les retrouve dans les paroisses de Ploudalmezau, Plouzané, à Runarbleiz en Guerlesquin, à Kergolven en Lanmeur. Yvon, de la paroisse de Plouzané fut anobli en 1447. Un aveu du 18 novembre 1499 signé Jeanne Pezron concerne le terroir de Kergolven. Louis, Seigneur de Kermorvan, mourut le 15 mai 1596. Blasonnent «De gueules au loin d'or chargé sur l'épaule d'une mâcle de gueule.»

 

Les Quillévéré

 

Quillévéré, Quellevéré, Guillévéré, de Quilévéré, ils sont seigneurs de Goazillac, en Plounevez-Lochrist, déboutés à la réformation de 1670. Jean était à la montre de Penhoët en 1420. Yves fut imprimeur à Paris en 1498, correcteur et éditeur d'un dictionnaire breton, d'ouvrages religieux et de «La vie du saint homme», une tragédie en vers breton «Chez Quillevéré, rue de la Bûcherie, 1530, Paris».Un Me Quillévéré fut notaire de Kersauzon et Trongoff. Sébastien est notaire de Maillé de 1696 à 1729. Un Me Quillévéré à Plouescat en 1722.

Les Quillévéré de Kerduff avaient le manoir de Kerveuleugant en 1720 et 51.Cette année-là fut baptisé François, fils de Jean et Marie Marchic.

Le 15 mars 1784 mourut écuyer Claude de Quillévéré, fils de dit Claude et Marie Marchic. En 1790, Marie Marchic, veuve communière de Jean de Quillevéré verse sa contribution patriotique. Un Kerdu Quillévéré prêtre en 1804.

 

Les Rosec

 

Vieille famille, les Rosec. Le chartrier de Kerouzéré nous mène jusqu'à Guéguen Rosec, fils de Marie Postec, époux de Marguerite Moysan, père de Yvon Rosec né en 1576, beau-père de Françoise Sparfel. Il va bien plus loin encore avec Jan Rosec, dans un aveu de 1389. De beaux mariages sont opérés: avec Alain de la Fosse, Hierosme et François de Kerguvelen, sieur de Kerquen, Vincent de Kersauzon...

Guillaume Rosec et Marguerite Cadiou donnèrent Jean. Le 3 mars 1567, il est tenu sur les fonts par Jean Rosec, de St Edern, Guillaume, de Poulteuren et Françoise Riou.

Un mariage, celui de Françoise Rosec et Jan Le Du, nous laisse perplexe quant aux dates de naissance et de décès de ces deux personnages. Chartrier et registres de BMS sont en désaccord. Il est possible qu'il y eut un couple homonyme à la même époque.

Les Rosec ont donné à Plouescat une longue dynastie de dirigeants.

Jean et Vincent Rosec, de Kernéach, en Poulteuren, sont du corps politique renouvelé le 5 mars 1750. Marchand place des halles, Yves sera le premier maire révolutionnaire de Plouescat en 1790 et 1791 puis de 1800 à 1808. Son fils Denis-Marie de 1795 à 1797. Son autre fils François de 1808 à 1830. Son petit-fils Augustin-Jean-François de 1848 à 1860.

Yves et Denis Rosec sont de la fête de la Paix le 19 janvier 1798 marquant la paix avec le pape et l'empereur. Un nouvel arbre est ce jour-là planté sur la grand place, celui de Jean Nédélec «malgré tous nos soins n'ayant pu prendre.» Décharges de canons, lecture des traités de paix, marche en musique et chants patriotiques mènent à un feu de joie allumé par nos concitoyennes. «Vive la République! Vive Bonaparte!» A 6 h s'illuminent les maisons. Le bal républicain durera jusqu'au jour. Un libelle décrit François comme «un des individus les plus pernicieux que l'on puisse connaître contre la famille des Bourbon, très doucereux personnage, acquéreur de biens nationaux et influençant les maires ruraux, ses voisins, par les doctrines républicaines.»

Les Rosec sont aussi une longue lignée de notaires. François fut notaire royal apostolique de Lesneven à Plounevez et l'on conserve ses archives de 1695 à 1699. Un Me Rozec est notaire de Kergournadeach, Kerouzéré et Trongoff à Plouescat de 1758 à 1787. Denis Marie fut reçu notaire de la baronnie de Kérouzéré-Trongoff le 10 septembre 1788. Le 23 frimaire de l'an 6, l'administration cantonale le décrit ainsi auprès du district: «Il a toutes les connaissances et qualités dont peut être susceptible le notariat, il a toujours donné les preuves authentiques d'un civisme le plus épuré.»11

On conserve les actes notariés d'Augustin Jean, de 1822 à 1848, et d'Emile Hyacinthe, de 1854 à 1859.12

Ils donnent plusieurs prêtres à Plouescat: Yves en 1576, Jean et Guéguen en 1663, Jean François en 1817, Yves de 1795 à 1827, Jean Marie,1796-1872.

 

Les Le Saint

 

Le 11 novembre 1782, aveu de Vincent Le Saint et Renée Seité, Gorréploué, sur les héritages roturiers cy après: au terroir de Gouezou, un parc de terre chaude dit Parc Marie Rochou... On retrouve ce champ en 1745 dans un aveu de Dame Berthou, veuve de François Saitté. On le retrouve plus loin encore en 1729, dans un aveu de Jean Saitté, garde de ses enfants de femme Françoise Le Duff, nommés Yves, François, Jean, Françoise, Jeanne, Renée et Marguerite Saitté, Parc Marie Rochou, cerné au nord du chemin de Kersceau, à Plouescat, contenant 80... Rente foncière à l'église de Plouescat, 3", succession de Françoise Le Duff, leur mère.

Pierre Gabriel Le Saint prêtre de Plouescat en 1824.

 

Les Séité

 

Ils habitent Gorréploué, manoir situé en Plouescat, route de Kerzéan et appartenant aux Kergoall, famille aux origines modestes. Jean de Kergoual est gouverneur du Folgoët quand, en 1350, débute la construction de l'église qui sera le cadre d'un important pardon. Gorréploué a chapellenie dans l'église paroissiale.

Un Maurice Saité épousa Mence de Lezeleuc. Lesquels eurent notamment Olive, épouse de Pierre Guerer, né en 1573. On note un autre Maurice Saitte, né vers 1560, époux de Marguerite Prigent, ancêtres communs aux Créach et Gardic. Leur fils, Laurent, est né en 1590. Il épousa Catherine Cadiou, de Pen ar Prat, fille de Jean et Françoise Sparfel, petite-fille de Louis Cadiou, Catherine Quillévéré, Even Sparfel et Marie Rosec, arrière-petite-fille de Guyon Cadiou, Jehan Quillévéré, Yves Sparfel, Sébille Nouel (Nédélec) et Anna Grall, morte en 1556.

Né en 1616 et marié à Marie Simon, Paul Séité passe en 1659 un aveu pour des biens situés à Creach ar Vren: «Un parc de terre chaude appelé Parc Gardic de la semence de cinq boisseaux de bled mesure comble de Saint-Paul...»

Suit Yves Séité, né en 1645 et marié à Jeanne Méar. Son inventaire après décès, en 1705, est des plus intéressants. On y note un fusil compris lespée, ceinturon et poudre, six cochons, six chevaux, onze bovins, le matériel à tisser, une grande production de céréales. La maison est composée d'une cuisine avec deux lits, une table longue avec son couteau crochet, deux grands chandeliers de cuivre, des coffres et une armoire en bois de chêne, un banc dossier, la maye à paste avec ses escabeaux. Au dessus est une chambre haute au dessus, dans la cour une petite maison, une grange sur l'aire contenant un lit clos. La fortune d'Yves Séité est évaluée à 1.600 livres. C'est beaucoup. Ses terres sur Plouescat ont pour noms Parc Gars, Parc an Pourigou, Parc an Fourn, Parc Pen ar Liors, Parc Coign André, Pratargoasven, champ de Mesdit, garenne du Bren, Fouennec isella. Sur Cléder: Parc Mesanbors, Parcou pen Pengors, Parc Conbor. Sur Sibiril: Goarem Bodaouer.

De son vivant, ce gros agriculteur exerce aussi les fonctions de «receveur des droits de ports et havres au port du Quernic.» Un lieu difficile d'accès de par ses récifs qui limitent le trafic à des navires au tonnage limité. Le 24 avril, le sieur de Boirousseau Moreau, contrôleur général des fermes du roi, intervient auprès de la justice seigneuriale pour récupérer les documents, «affaires du Roy», conservés chez le décédé. Il s'y rend, accompagné de Pen, greffier de la juridiction. Devant ses fils, Jean et Yves, ainsi que Christophe Congar, héritiers du défunt, on procède à l'ouverture d'une armoire sous scellés. La famille remet alors à Boisrousseau «un registre, deux brevets, trois brieux13 et un arrêt du roy» relatifs à l'activité du port. Un procès verbal attestera cette restitution. Les scellés sont replacés sur l'armoire.

Jean Séité né en 1676 et marié à Marguerite Le Duff, Sa fille, Renée, née en 1712, épouse Caroff nous mène aux Gardic via Le Lez, Kerbiriou, Le Déroff.

La famille Séité déléguera un Yves au corps politique en 1750. Le 21 juin 1760, «aveu de MM les prêtres et clergé de la paroisse de Plouescat scavoir 3" de rente foncière sur hyptohèque d'un pac de terre chaude situé au terroir de Gouezou, appartenant à Yves Saitté de Gorreploué, léguée par Messire Laurent Saitté pour un service, cette rente employée mal à propos de l'aveu de la fabrice de Plouescat en 1728 attendu que le corps politique n'a pas voulu l'accepter.»

On note encore en 1682 un aveu de Paul Saitté, pour Messire Jean Saitté, prêtre, son fils, titulaire de la chapellenie fondée en avril 1670 par François Cadio pour être desservie en l'église de Plouescat, savoir au champ du Linadec une pièce de terre chaude contenant un journal.

Auguste Séité est prêtre en 1845.

 

Les Simon

 

Prénom, nom d'origine hébraïque désignant des famille roturières ou nobles. Simon de Kersaliou au Minihy, Simon de Kergoulouarn en Plouvorn.

 

Ils blasonnent «De sable au lion d'argent armé de lampassé de gueules» et ont pour devise «C'est mon plaisir».Il y eut un Eudes Simon, croisé en 1248.

 

NOTES


 

1Plouescat, Perennes, P77.

2 Elle a une homonyme née de Jean Léséleuc et Jeanne Quillévéré. On retrouvera une Olive de Léséleuc marraine chez Jean Roseur en 1607, chez les Tanguy en 1609, les Guimarch en 1614, Goulvin Rosec en 1615. Ouitre Jean Le Duff, notre ancêtre, Vincent Le Duff et Olive de Léséleux eurant Anna en 1609, parrainée par Hervé Rosec, prêtre et Anna Deniel, Françoise en 1611 parrainée par Désiré Léséleuc, de Kerhirin et Françoise an Castel, de Kergounan, Yves en 1615 parrainé par Jean an Du et Elisabeth an Normand, de Kervoara.

3

4 Deux pages de ses archives sont conservées sous la cote 4 E 190/21.

5Jean Gardic et Barbe Simon eurent aussi Béatrice, le 13 février 1579, parrains: Yves Rosec, Béatrice Cadiou, Constance Rosec... Elle épousera Francis Croas dont elle eu Guillaume, le 8 février 1609, parrainé par Guillaume Bastard et Jeanne Grall. On note une Marie Gardic, épouse de Lazare Goff, en 1582. Une Jeanne Gardic est marraine chez les Uhelvan, en 1608.

6 On trouvera un Pierre Gardic, lui même parrain en 1676 chez Prigent Rohou et Claude An Caroff en compagnie de Claude Chever.

7151 J 386, art. 58.

Chez Me Abgrall, on trouve la signature de f: Gardic le 30 juillet 1743 au bas d'un bail entre Pierre Guillou, prêtre, et François Simon, époux de Marie Simon. Ce François Gardic, du village de Lanneuzel, en Cléder, participe au partage des biens de Gabriel Corre, le 7 septembre 1743, de la Villeneuve, en Plougoulm. D'un premier lit, le défunt eu de Marie Menez une Anne Corre dont le tuteur est Jean Corre, de Kersauzon, Sibiril. René Ollivier est requis comme crieur lors de la vente. La tutrice est vraisemblablement Dome Le Saux, de la Villeneuve, Plougoulm. "Honorable et gentil" François Gardic est encore requis dans le partage des biens de Maurice Nicol, époux d'Anne Tonart, en avril 1743 à Bigadou, Treflaouenan. A Cléder est morte, le 5 octobre 1767, une Cécile Gardic, âgée de 15 mois, ayant pour père et oncle deux François Gardic.

8 François de Kersauzon et sa femme Catherine de Kerguvelenn résident, en 1650, au petit manoir de Mesguen possédé au XVe siècle par Jehan de Penfeuntenyo et situé vers l'ouest sur la route de Kernic. Une arrière-petite-nièce du couple racontera à Le Guennec cette anecdote familiale. François et Catherine passaient pour se heurteur à loisir. Pouilloux ! assénait un jour la jeune épouse à son mari. Le noble, de vieille famille, défie sa femme de le répéter. Pouilloux ! insiste-t-elle. François attache sa femme à la corde du puits, la fait descendre et tend l'oreille : Pouilloux ! résonne la voix dans le conduit. Il l'immerge jusqu'à la ceinture. Puilloux ! Bientôt ne surnagent plus que de blanches mains mimant le geste d'écraser la vermine. Devant une telle opiniâtreté, François de Kersauzon hissera sa femme jusqu'à lui pour vivre jusqu'à la mort un bonheur sans nuages.

9 Sans doute à tort, Le Guennec fait état de Didier de Lézéleuc et non Laurent comme époux de Gilette Huon. Aux côtés de Maurice Séité, celle-ci est la marraine de Marguerite de Kerguélen, fille de Didier de Kerguélen et de Catherine de Lézérec, le 4 décembre 1581. Elle a déjà donné son prénom à une GIlette, le 6 juin 1579 en compagnie de Paul et Françoise de Kersauzon.

10 Une Mence de Léséleuc a de Maurice Saytte une Jeanne Baptisée le 20 août 1570 sous la protection de François Le Voyer, Jeanne Le Prince et Jeanne de Kersauzon. Ils ont une Didier le 6 janvier 1577 parrainé par Tangi et Yves Kergoall, Marie an Salt. Parallèlement, un Jean de Léséleux aura d'une Jeanne Quillévéré plusieurs enfants cousins de notre ancêtre Olive de Léséleuc :

Guillaume est baptisé le 20 mai 1573 sous le parrainage de Guillaume, Jean et Françoise de Kersauzon.

Olivie le 5 juin 1574, parrains Jean Crémeur, époux de Marguerite Kzruzanen, Marie Roseuc, Catherine Sparfel.

Jean en septembre 1576. Parrains : Paul Kersauzon, Jean Quillévéré, GIlette Castel. Il épousa Béatrice Fontene dont il eut Catherine de Leseleuc en 1609. Parrains : Désiré Léséleuc, de Keriffin, et Catherine Rannou, de Saint-Goeroges.

Jeanne le 14 février 1579, parrains : Paul de Kersauzon, Jeanne an Prince et Françoise Kerliviry.

Didier, le 6 avril 1582 avec Jean de' Kersauzon et GIlette Huon près des fonts baptismaux.

Laurent baptisé en 1585 âr François et Jeanne de Kersauzon.

François, le 11 février 1589, parrains F. Kersauzon et Olive Kerguerlen

On rencontre un Jean de Léséleuc, en 1607, dit de Kertraurecq.

11 Cote 17 L 24. Ses archives de 1788 à 1810 sont conservées sous la cote 4 E 176/1 - 26.

12 Leurs archives : 4 E 176/1-26 et 4 E 176/69-74

13Congés délivrés par les fermiers du Roy aux capitaines de vaisseaux.

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