Les Léséleuc (fin)

Monseigneur de Léséleuc

Léopold René de Léséleuc est né le 30 juin 1814 à 11h, rue du Petit-Cloître, dans la chambre au dessus de la grande porte donnant accès à la maison Saint-Joseph. Ondoyé à la naissance, il a pour témoins Auguste de Kertanguy, 42 ans, beau-frère du père, Constant Jean-Marie de Léséleuc, 24 ans, frère cadet du père. L'acte est contresigné par l'adjoint au maire, Hervé de Chef du Bois, traduction francisée de Du Penhoat. Le 30 décembre 1819, en ND du Creisker, Léopold René a pour parrain et marraine Jean Auguste Salaün de Kertanguy et Dame Augustine Henriette Tribard de Courson de Villehélio.

Les études du futur évêque seront fortement influencées par l'abbé Péron et Mgr Gravean. Un événement marque l'enfance, la vie même de Léopold René de Léséleuc. Il a alors 9 ans et passe des vacances chez le grand-père de Perros-Guirec. Le 14 août 1823, lors d'une promenade en mer avec ses père, frère aîné et précepteur, le canot chavire à trois kilomètres du rivage. L'enfant chante l'Ave Maris Stella, refuse toute aide tant que sa famille n'est pas sauvée. "La reconnaissance du cœur fut fidèle au marin qui sauva les naufragés, écrit le biographe de l'évêque. Tous les ans, on réclama sa présence dans la famille, d'abord à Saint-Pol puis, à partir de 1833, au Kermeur, en Guipavas, chez le Dr Léséleuc."

1824. Le garçon entre au collège des Jésuites d'Auray qu'il quittera trois ans plus tard. En 1827, il est clerc à la chapelle royale de Charles X. Instruit par l'abbé Poiloup, Léopold René termine brillamment le cycle de ses humanités. Nous sommes en 1830. Le 30 mai, il répond la messe en la chapelle des Tuileries ou le roi reçoit le serment du Duc de Nemours. la révolution de juillet contrarie l'ascension de Léséleuc. De 16 à 20 ans, il va donc se consacrer à l'éducation de ses frères et sœurs. Doué pour les langues, il pratique l'anglais, l'italien, l'espagnol, se fait le spécialiste des auteurs allemands. Deux garçons briguant une carrière dans la Marine, la famille quitte Saint-Pol pour Brest. Là, il retrouve M. Graveran, devenu curé de Saint-Louis. Sur la colline de Guipavas embrassant la mer de sa hauteur, les Léséleuc investissent une demeure entourée d'arbres. Monsieur de Lez en fit l'acquisition le 1er décembre 1832. Léopold prit la direction de la classe de 3e à la célèbre institution Poiloux qui, plus tard, céda la place aux Jésuites. Il arrive avec ses frères à Paris en octobre 1834 et, à 20 ans, va conduire l'éducation de ses élèves en achevant celle de ses frères. Passer avec éclat les examens de bachelier ajournés par la révolution de 1830. Faire son droit. Passer les grades de licencié et de docteur avec les perspectives de professeur à l'université de droit. A Paris, ses amis son Hersart de la Villemarqué, le comte de Courcy, Emile Souvestre, Messieurs de Carné, Wallon, de Chatelleux...

En décidant de se jeter dans le sein de Dieu, Léséleuc ne sait où se former comme prêtre. Deux voies s'ouvrent à lui: Saint-Sulpice ou Rome. Sa vieille tante en parle à une amie de Louis Philippe qui lâche: "Si Monsieur de Léséleuc veut faire ses études à Saint-Sulpice, je m'en souviendrai." Les propos sont rapportés à Léopold. "C'est bien!" Aussitôt, avec indépendance, il se décide pour Rome.

Après quatre années à Rome, Léséleuc demande audience à Pie IX avant de regagner la Bretagne. Il ne retrouvera la cité pontificale que 16 ans plus tard, en 1863, pour le sacre de Mgr Testard du Cosquer. De retour à Kermeur, il salue à Quimper Mgr Graveran qui crée pour lui une chaire d'histoire ecclésiastique au grand séminaire de Quimper. En 1849, il opte pour la prédication.

Sacré évêque d'Autun, Mgr de Léséleuc garda la Bretagne au cœur. On dit que visitant un presbytère, le curé crut lui faire plaisir en lui montrant la vache pie noir qu'il avait là dans une crèche. Léopold fut si ému qu'il parla à la bête en breton et finit par l'embrasser.

"On a dit que Mgr de Léséleuc mourut du mal du pays. l'épuisement de ses forces l'impressionna comme elle frappa aussi sa famille. Au début octobre, le prélat alla passer huit jours dans la famille au château de Chatelleux. son intimité avec le comte Amédée datait de leur première jeunesse à Paris au cours de l'institution Poiloux. Peut-être aussi à la cour de Charles X dont les pages sortaient des plus nobles familles. Le long séjour à Rome de l'abbé de Léséleuc renforça leur amitié. En quittant Chatelleux le 9 octobre, nous le conduises en voiture, mes frères et moi, à quelques lieues... Au moment de me quitter, il m'embrassa avec émotion. Je ne pus m'empêcher de lire dans ses yeux une immense tristesse. Je ne peux croire qu'il n'avait pas un pressentiment de sa fin. Puis il retourna à Autun. Un soir, il dit à son secrétaire. "Mon pauvre ami, un de ces matins, vous me trouverez mort dans mon lit. L'évêque faisait souvent des allusions à sa mort. "Ce sera toujours assez beau pour mourir." Une épreuve qui lui fut cruelle fut l'épidémie de typhoïde qui se déclara parmi les séminaristes, début décembre. Le 16 décembre, après un bon repas et une promenade, il sentit des frissons et on appela le médecin." Une lettre de son secrétaire parue dans l'Impartial de Quimper, fin décembre 1873: "Au premier coup du mal, alors qu'il était encore assis en face de moi et que je croyais à un simple mal de tête, le front et le haut de la face étaient plus rouges que d'habitude. Il souffrait d'un mal de tête violent. Puis, il se mit à vomir abondamment. On appela le médecin. Il ferma les yeux et d'un voix très faible: Il faut m'emporter dans ma chambre près de mon feu. Je ne suis pas bien ici." Ce furent ses dernières paroles. Le médecin constata à son arrivée tous les symptômes d'une congestion cérébrale et d'une paralysie affectant surtout le côté gauche. Le pouls, d'abord très faible, se releva quelques instants, peut-être sous l'influence des sinapismes appliqués au mollet. Puis le pouls faiblit de nouveau et, à 10 h et quart, ce fut fini."

On remarque des coïncidences. Préconisé à Rome le 23 décembre 1872, reçu à Autun le 23 février 1873, Mgr de Léséleuc fut enterré dans le caveau des évêques d'Autun le 23 décembre 1873. Sacré le 16 mars 1873, il meurt le 16 décembre. Le mardi 23, à 9 h 30, le cortège sort de l'évêché. Toutes les autorités du département sont présentes. Grande est la foule. On évalue à 9.000 personnes le nombre de ceux qui ont passé dans la chambre mortuaire. Léséleuc aimait à se trouver au contact des masses en plein air. On le vit dominer un auditoire de plus de 10.000 fidèles.

Mgr de Grenoble improvise un petit discours. Le diocèse de Quimper est représenté par Mgr du Marc'hallach, vicaire général qui se souvient du temps où, chanoine, Léséleuc passait ses vacances au Perennou. L'abbé le Vicomte de la Houssaye est là aussi qui, au chapitre occupe la stalle laissée vide par Mgr de Léséleuc. Le soir, la délégation quimpéroise repart, portant le cœur de l'évêque pour le déposer en la cathédrale de Saint-Pol, là où il avait reçu le baptême. Au deuil, il y a, Outre les trois frères de l'auguste défunt et le gendre du frère absent, Monsieur Guéneau de Miessy, toute la famille Chatelleux, un parent de Mgr de Léséleuc, Monsieur de Kertanguy, zouave pontifical et deux des élèves privilégiés de sa jeunesse, Monsieur l'abbé le Saout, aumônier de la marine venu de Toulon et le commandant Rouin.

A Quimper, un service solennel fut célébré à la cathédrale, présidé par Mgr Nouvel, évêque du diocèse et la messe fur chantée par Mgr de Goësbriand, évêque de Burlington, en Amérique. De tout le diocèse, un très nombreux clergé était accouru pour rendre un dernier hommage à celui dont l'apostolat breton avait fait revivre les Nobletz et les Maunoir. Par les soins de l'archiprêtre de Saint-Pol, le chanoine Olivier, la cathédrale léonarde reçut une magnifique parure de deuil. Tout le clergé léonais était là, le 3 janvier, entourant son évêque... Sur le loculus creusé pour recevoir le cœur de Mgr de Léséleuc dans la chapelle absidiale, près de l'autel du Saint-Sacrement, on posa un marbre blanc ou fut gravée l'inscription ci-après qu'avait composée Monsieur Belbéoch, ancien zouave pontifical, docteur en théologie de l'université grégorienne, professeur de dogme puis d'écriture sainte au grand séminaire de Quimper: "De Dieu ma force, dans la paix du Christ, à l'église de Saint-Pol, sa patrie, ici a été confié le cœur de l'illustrissime et révérendissime seigneur Léopold René de Léséleuc, évêque d'Autun, qui de la pure foi romaine, dès l'enfance tout imprégné, dévoué à la chaîne romaine de Saint Pierre dans ses heures de gloire et de deuil par le pontife romain lui même désigné et élu évêque d'Autun dans un court épiscopat d'à peine dix mois, il vit toute la France et des groupes anglais, belges, hollandais, polonais accourir devant le Sacré-Cœur de Jésus en suppliant au sanctuaire de Paray répondant à son ardent désir et à son appel contempler le divin cœur le 16 décembre 1873 à l'âge de 59 ans. "

Aujourd'hui...

Anne de Léséleuc est docteur en histoire et civilisations de l'antiquité, chargée de mission des musées nationaux. Elle publie une série de "polars gaulois" avec Marcus Aper pour personnage. Son roman Le douzième vautour a été couronné par l'académie française. Elle est aussi l'auteur d'essais et d'adaptations théâtrales.

Joël de Léséleuc de Kerouara, né le 21 mais 1961 à St-Junien (87) a épousé le 17 septembre 1988, à Autry-le-Châtel (45) Anne Bilteryst dont il a eu Sylvain le 19 juillet 1990, Gaël le 15 mai 1992, Perrine le 7 mars 1995.

Une famille Léséleuc, particulièrement pléthorique au Canada, a organisé voici quelques années un rassemblement.

Commentaires (6)

1. Richard 01/11/2009

Bonjour,

Je recherche un Paul Leseleuc né au Havre le 3/4/1903
qui fut gérant de la maison Van Cleef et Arpels sur laquelle j'ecris un livre

Vous remerciant pour votre réponse
Cordialement

Jean Jacques Richard

2. richard (site web) 24/01/2010

Madame, Monsieur
J'aimerais savoir ce qu'est devenu Monsieur Paul de leseleuc ou leurs héritiers et savoir s'ils ont un e-mail
Monsieur Paul de Leseleuc, né au havre avait racheté la maison Van Cleef et Arpels. J'ecris un livre sur cette famille et j'aimerais savoir comment ce rachat s'est passé, il avait 1504 parts sur 2000 et quand a t il revendu ses parts
Vous en remerciant
Cordialement

Jean Jacques Richard

3. Noëlla 10/02/2010

Mon arrière grand père s'appelait Paul de Léséleuc, ça pourrait être lui.
Il faut que j'essaie de retrouver d'autres inforamtion.

4. Armelle 26/03/2010

contente Noella de voir que vous etes au courant de ce site. je suis la maman d'Antoine que vous avez eu en stage chez Maxyma il y a 3 ans. si vous voulez des renseignements sur ma branche Léséleuc vous pouvez me contacter.
Paul de léséleuc (1903-1990) doit effectivement etre votre arriere gd-père( mariage en 1926 avec Arlette Baudry, dont Alain dont Philippe, dont Solveig ,Noella et Lauriane.)

5. Richard (site web) 05/11/2010

Bonjour à la famille De Leseleuc
Je suis désormais intimement persuadé que Paul de Leseleuc avait conclu un achat a Réméré de la Maison Van Cleef et Arpels et juste avant que Vichy impose l'aryanisation des entreprises juives.
Je l'explique dans mon livre
"L Histoire des Van Cleef et des Arpels" que vous trouverez chez les libraires ou sur Amazon.com, ou sur Chapitre.com
Son N° IBSN est :9782810611492
Les circonstances de la guerre ont fait qu'il avait traité cet arrangement en 1940 avec Rachel Van Cleef, mais qu'il a restitué l affaire à Claude Arpels 2 jours après la libération de Paris.
Peut etre devons nous à Paul de Leseleuc, l'existence de cette Maison qui depuis les années 2000 a été rachetée par le groupe "Richemont"

Cordialement

Jean Jacques Richard

6. Richard (site web) 08/02/2011

Bonjour

Je suis étonné que plus personne ne connaisse Paul de Leseleuc, y aurait il un membre de la famille qui s'en souvienne?

JJ Richard

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